Vers la fin de sa vie, Paul RicĆur a plusieurs fois abordĂ© la question de la traduction. Trois confĂ©rences sur ce sujet sont rassemblĂ©es dans ce volume. Ă une rĂ©flexion qui part du constat de lâirrĂ©ductible diffĂ©rence entre les langues, la traduction paraĂźt impossible. Et pourtant elle existe : on a toujours traduit. La tĂąche de la pensĂ©e est donc non tant de lâexpliquer ou de la justifier que de penser Ă partir dâelle, puisquâelle reste une « opĂ©ration risquĂ©e, toujours en quĂȘte de sa thĂ©orie ». Lâauteur explore dĂšs lors les « deux voies dâentrĂ©es » dans le problĂšme de la traduction : si la conception qui voit en elle le simple transfert dâun message verbal dâune langue Ă une autre lui semble trop Ă©troite, celle qui revient Ă assimiler tout processus de comprĂ©hension Ă une traduction est sans doute trop peu rigoureuse. Par-delĂ le soupçon toujours vivace de la « trahison » qui pĂšse sur elle, la traduction, ce « dĂ©fi », apparaĂźt en fin de compte au philosophe comme un « bonheur » : celui de « lâhospitalitĂ© langagiĂšre ». Paul RicĆur (1913-2005) est lâun des philosophes majeurs de lâĂ©poque contemporaine.
Vers la fin de sa vie, Paul RicĆur a plusieurs fois abordĂ© la question de la traduction. Trois confĂ©rences sur ce sujet sont rassemblĂ©es dans ce volume. Ă une rĂ©flexion qui part du constat de lâirrĂ©ductible diffĂ©rence entre les langues, la traduction paraĂźt impossible. Et pourtant elle existe : on a toujours traduit. La tĂąche de la pensĂ©e est donc non tant de lâexpliquer ou de la justifier que de penser Ă partir dâelle, puisquâelle reste une « opĂ©ration risquĂ©e, toujours en quĂȘte de sa thĂ©orie ». Lâauteur explore dĂšs lors les « deux voies dâentrĂ©es » dans le problĂšme de la traduction : si la conception qui voit en elle le simple transfert dâun message verbal dâune langue Ă une autre lui semble trop Ă©troite, celle qui revient Ă assimiler tout processus de comprĂ©hension Ă une traduction est sans doute trop peu rigoureuse. Par-delĂ le soupçon toujours vivace de la « trahison » qui pĂšse sur elle, la traduction, ce « dĂ©fi », apparaĂźt en fin de compte au philosophe comme un « bonheur » : celui de « lâhospitalitĂ© langagiĂšre ». Paul RicĆur (1913-2005) est lâun des philosophes majeurs de lâĂ©poque contemporaine.