Du 16 septembre au 15 dĂ©cembre 1981, pendant trois mois, Simonne Lacouture et moi avons fait le tour de France, de Boulogne Ă Strasbourg, de Marseille Ă Saint-Brieuc, diffĂ©rents des âcompagnonsâ de jadis et dâaujourdâhui en ce que nous nâallions pas Ă pied mais le plus souvent en train et ne visions point Ă rĂ©aliser un âchef-dâĆuvreâ, mais simplement Ă en rapporter un livre en forme de journal de voyage. Nous espĂ©rions y voir ainsi plus clair dans les affaires de ce pays dont nous nous sentions un peu plus responsables depuis que des hommes et des femmes que nous avions appelĂ©s de nos vĆux y exercent les responsabilitĂ©s les plus hautes. Notre premier objectif Ă©tait de mesurer ce âchangementâ que la majoritĂ© issue des urnes du printemps 81 sâest donnĂ© pour tĂąche dâaccomplir. A tous, travailleurs, chĂŽmeurs, ministres, syndicalistes, patrons, Ă©lus, journalistes, prĂȘtres, mĂ©decins nous avons posĂ© la question : en quoi la cĂ©sure politique provoquĂ©e par ces Ă©lections modifie-t-elle la vie des Français ? Nous avons obtenu des rĂ©ponses positives ici et, lĂ , nĂ©gatives, mais presque toujours inspirĂ©es dâun esprit critique libĂ©rĂ© des fanatismes de tous bords. TrĂšs vite nous avons constatĂ© que câĂ©tait moins en quĂȘte dâune problĂ©matique mutation que nous Ă©tions, que sur les traces dâune rĂ©alitĂ© : celle dâun pays que, journaliste longtemps confrontĂ©s aux crises de lâAsie et de lâAfrique, nous connaissions mal. J.L
Du 16 septembre au 15 dĂ©cembre 1981, pendant trois mois, Simonne Lacouture et moi avons fait le tour de France, de Boulogne Ă Strasbourg, de Marseille Ă Saint-Brieuc, diffĂ©rents des âcompagnonsâ de jadis et dâaujourdâhui en ce que nous nâallions pas Ă pied mais le plus souvent en train et ne visions point Ă rĂ©aliser un âchef-dâĆuvreâ, mais simplement Ă en rapporter un livre en forme de journal de voyage. Nous espĂ©rions y voir ainsi plus clair dans les affaires de ce pays dont nous nous sentions un peu plus responsables depuis que des hommes et des femmes que nous avions appelĂ©s de nos vĆux y exercent les responsabilitĂ©s les plus hautes. Notre premier objectif Ă©tait de mesurer ce âchangementâ que la majoritĂ© issue des urnes du printemps 81 sâest donnĂ© pour tĂąche dâaccomplir. A tous, travailleurs, chĂŽmeurs, ministres, syndicalistes, patrons, Ă©lus, journalistes, prĂȘtres, mĂ©decins nous avons posĂ© la question : en quoi la cĂ©sure politique provoquĂ©e par ces Ă©lections modifie-t-elle la vie des Français ? Nous avons obtenu des rĂ©ponses positives ici et, lĂ , nĂ©gatives, mais presque toujours inspirĂ©es dâun esprit critique libĂ©rĂ© des fanatismes de tous bords. TrĂšs vite nous avons constatĂ© que câĂ©tait moins en quĂȘte dâune problĂ©matique mutation que nous Ă©tions, que sur les traces dâune rĂ©alitĂ© : celle dâun pays que, journaliste longtemps confrontĂ©s aux crises de lâAsie et de lâAfrique, nous connaissions mal. J.L