Donation Grau : "Quel est le rapport quâa lâartiste avec les autres personnes ?" Pierre Guyotat : "Quand vous ĂȘtes en plein travail, quand vous sortez, si vous ĂȘtes Ă la campagne, vous avez les oiseaux, les Ă©cureuils. Ce ne sont pas des interlocuteurs trĂšs actifs. Ils sont loin de nous. Si vous rencontrez un chien ou un singe, câest peut-ĂȘtre un peu diffĂ©rent, mais câest une question de regard. En ville, quand je sors, tout dĂ©pend de ce que jâĂ©cris. Quand vous avez Ă©crit une page belle, intense Ă vos yeux, tout dĂ©pend sur qui vous tombez. Au fond, ceux qui Ă©chappent Ă ce carnage de cinq secondes, ce sont les enfants. Tout adulte est considĂ©rĂ© comme un idiot. En tout cas comme quelquâun qui nâa pas accĂšs à ça. On a une sensation, non pas de supĂ©rioritĂ© mais dâaltĂ©ritĂ© extrĂȘmement grande. Elle ne dure que quelques secondes. Tout de suite, je reviens Ă la rĂ©alitĂ©, Ă la logique. De toute façon, ces gens devant qui je passe pensent. Ils ont aussi une vie intĂ©rieure. Donc, je rĂ©tablis. On peut aussi tomber sur des gens qui, par leur comportement, leur vestimentation, leur visage mĂȘme, reprĂ©sentent tout ce quâon peut dĂ©tester. La vulgaritĂ©, le sommaire, etc. Ce sont les gens faibles dont vous vous sentez le plus proche Ă ce moment-lĂ : les enfants, les vieux, les clochards, les vagabonds. Vous vous sentez, non pas supĂ©rieur, mais trĂšs proche dâeux. Les enfants : parce quâil y a tout de mĂȘme quelque chose dâenfantin dans lâactivitĂ© artistique, dans cette façon de croire dans les mots, de croire dans les couleurs."
Donation Grau : "Quel est le rapport quâa lâartiste avec les autres personnes ?" Pierre Guyotat : "Quand vous ĂȘtes en plein travail, quand vous sortez, si vous ĂȘtes Ă la campagne, vous avez les oiseaux, les Ă©cureuils. Ce ne sont pas des interlocuteurs trĂšs actifs. Ils sont loin de nous. Si vous rencontrez un chien ou un singe, câest peut-ĂȘtre un peu diffĂ©rent, mais câest une question de regard. En ville, quand je sors, tout dĂ©pend de ce que jâĂ©cris. Quand vous avez Ă©crit une page belle, intense Ă vos yeux, tout dĂ©pend sur qui vous tombez. Au fond, ceux qui Ă©chappent Ă ce carnage de cinq secondes, ce sont les enfants. Tout adulte est considĂ©rĂ© comme un idiot. En tout cas comme quelquâun qui nâa pas accĂšs à ça. On a une sensation, non pas de supĂ©rioritĂ© mais dâaltĂ©ritĂ© extrĂȘmement grande. Elle ne dure que quelques secondes. Tout de suite, je reviens Ă la rĂ©alitĂ©, Ă la logique. De toute façon, ces gens devant qui je passe pensent. Ils ont aussi une vie intĂ©rieure. Donc, je rĂ©tablis. On peut aussi tomber sur des gens qui, par leur comportement, leur vestimentation, leur visage mĂȘme, reprĂ©sentent tout ce quâon peut dĂ©tester. La vulgaritĂ©, le sommaire, etc. Ce sont les gens faibles dont vous vous sentez le plus proche Ă ce moment-lĂ : les enfants, les vieux, les clochards, les vagabonds. Vous vous sentez, non pas supĂ©rieur, mais trĂšs proche dâeux. Les enfants : parce quâil y a tout de mĂȘme quelque chose dâenfantin dans lâactivitĂ© artistique, dans cette façon de croire dans les mots, de croire dans les couleurs."