Humains par hasard. Entretiens avec Donatien Grau - Pierre Guyotat & Donatien Grau

By Pierre Guyotat & Donatien Grau

Release Date: 2016-10-20

Genre: Biographies & Memoirs

(0 ratings)
Donation Grau : "Quel est le rapport qu’a l’artiste avec les autres personnes ?" Pierre Guyotat : "Quand vous ĂȘtes en plein travail, quand vous sortez, si vous ĂȘtes Ă  la campagne, vous avez les oiseaux, les Ă©cureuils. Ce ne sont pas des interlocuteurs trĂšs actifs. Ils sont loin de nous. Si vous rencontrez un chien ou un singe, c’est peut-ĂȘtre un peu diffĂ©rent, mais c’est une question de regard. En ville, quand je sors, tout dĂ©pend de ce que j’écris. Quand vous avez Ă©crit une page belle, intense Ă  vos yeux, tout dĂ©pend sur qui vous tombez. Au fond, ceux qui Ă©chappent Ă  ce carnage de cinq secondes, ce sont les enfants. Tout adulte est considĂ©rĂ© comme un idiot. En tout cas comme quelqu’un qui n’a pas accĂšs Ă  ça. On a une sensation, non pas de supĂ©rioritĂ© mais d’altĂ©ritĂ© extrĂȘmement grande. Elle ne dure que quelques secondes. Tout de suite, je reviens Ă  la rĂ©alitĂ©, Ă  la logique. De toute façon, ces gens devant qui je passe pensent. Ils ont aussi une vie intĂ©rieure. Donc, je rĂ©tablis. On peut aussi tomber sur des gens qui, par leur comportement, leur vestimentation, leur visage mĂȘme, reprĂ©sentent tout ce qu’on peut dĂ©tester. La vulgaritĂ©, le sommaire, etc. Ce sont les gens faibles dont vous vous sentez le plus proche Ă  ce moment-lĂ  : les enfants, les vieux, les clochards, les vagabonds. Vous vous sentez, non pas supĂ©rieur, mais trĂšs proche d’eux. Les enfants : parce qu’il y a tout de mĂȘme quelque chose d’enfantin dans l’activitĂ© artistique, dans cette façon de croire dans les mots, de croire dans les couleurs."

Humains par hasard. Entretiens avec Donatien Grau - Pierre Guyotat & Donatien Grau

By Pierre Guyotat & Donatien Grau

Release Date: 2016-10-20

Genre: Biographies & Memoirs

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Donation Grau : "Quel est le rapport qu’a l’artiste avec les autres personnes ?" Pierre Guyotat : "Quand vous ĂȘtes en plein travail, quand vous sortez, si vous ĂȘtes Ă  la campagne, vous avez les oiseaux, les Ă©cureuils. Ce ne sont pas des interlocuteurs trĂšs actifs. Ils sont loin de nous. Si vous rencontrez un chien ou un singe, c’est peut-ĂȘtre un peu diffĂ©rent, mais c’est une question de regard. En ville, quand je sors, tout dĂ©pend de ce que j’écris. Quand vous avez Ă©crit une page belle, intense Ă  vos yeux, tout dĂ©pend sur qui vous tombez. Au fond, ceux qui Ă©chappent Ă  ce carnage de cinq secondes, ce sont les enfants. Tout adulte est considĂ©rĂ© comme un idiot. En tout cas comme quelqu’un qui n’a pas accĂšs Ă  ça. On a une sensation, non pas de supĂ©rioritĂ© mais d’altĂ©ritĂ© extrĂȘmement grande. Elle ne dure que quelques secondes. Tout de suite, je reviens Ă  la rĂ©alitĂ©, Ă  la logique. De toute façon, ces gens devant qui je passe pensent. Ils ont aussi une vie intĂ©rieure. Donc, je rĂ©tablis. On peut aussi tomber sur des gens qui, par leur comportement, leur vestimentation, leur visage mĂȘme, reprĂ©sentent tout ce qu’on peut dĂ©tester. La vulgaritĂ©, le sommaire, etc. Ce sont les gens faibles dont vous vous sentez le plus proche Ă  ce moment-lĂ  : les enfants, les vieux, les clochards, les vagabonds. Vous vous sentez, non pas supĂ©rieur, mais trĂšs proche d’eux. Les enfants : parce qu’il y a tout de mĂȘme quelque chose d’enfantin dans l’activitĂ© artistique, dans cette façon de croire dans les mots, de croire dans les couleurs."

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