« Il y a des histoires qui sont des dĂ©clarations de guerre. VoilĂ pourquoi, moi, Jeanne, je me suis tue. Jâai prĂ©fĂ©rĂ© attendre que le temps passe. JâĂ©tais petite, Ă lâĂ©poque, dix ans et quelques mois. Mais lâheure est venue de parler. »Lâignoble NĂ©crole a encore frappĂ©. Lâobjet de sa bataille ? Les mots. Il y en a trop, beaucoup trop. Pour faire taire tous les incurables bavards, tous les poĂštes, tous les chanteurs, tous les raconteurs dâhistoires, tous les amoureux qui disent et redisent leur flamme, tous les humiliĂ©s qui protestent, tous les journalistes qui rĂ©vĂšlent et, trouve-t-il, polluent de leurs nuisances sonores jusquâĂ la nuit, Son Excellence le trĂšs distinguĂ© PrĂ©sident Ă vie a Ă©ditĂ© une liste, pompeusement intitulĂ©e « Circulaire VIII.2012.3917 », celle des trente mots dĂ©sormais autorisĂ©s. Pour Mlle Laurencin et les Ă©lĂšves de CM2 de lâĂ©cole Simon-Bolivar, câest dĂ©cidĂ©, la guerre est dĂ©clarĂ©e. Parmi les escales de cette croisade sur terre et sur mer bientĂŽt suivie par lâĂźle tout entiĂšre, on apprendra comment le Palais de justice fait les choux gras de deux brasseries aux drĂŽles de spĂ©cialitĂ©s et ce que le Pays de Tendre dit de lâamour, on dĂ©couvrira quâune salle de classe et un centre de stratĂ©gie militaire ne sont pas si Ă©loignĂ©s et quâune ancienne mine dâor peut renfermer bien plus prĂ©cieux que le plus prĂ©cieux des mĂ©taux. Amis ou ennemis de Jeanne, en campagne ou non contre lâignorance, on croisera le chemin dâune petite foule dâĂȘtres et de crĂ©atures, parmi lesquels un Ă©lĂ©gant, trois jeunes Ă capuches, des pompiers, un Capitan accablĂ© et trĂšs prolixe en anecdotes, un brochet plus vrai que nature, deux vieilles soeurs aussi virulentes quâĂ©rudites, un certain M. Henri et, toujours, la furie de NĂ©croleâŠPlus de dix ans aprĂšs sa premiĂšre dĂ©claration dâamour Ă la grammaire, Erik Orsenna ne pouvait conclure quâen explorant la fabrique des mots. Qui les crĂ©e ? DâoĂč viennent-ils ? Comment combinent-ils leurs origines ? A-t-on le droit dâen inventer de nouveaux ? Si lâanglais domine toutes les autres langues, nos mots Ă nous seront-ils rĂ©duits Ă lâesclavage ? Ă toutes ces questions, Jeanne rĂ©pond, une fois de plus, et raconte ses aventures au sein de cette mystĂ©rieuse fabrique.
« Il y a des histoires qui sont des dĂ©clarations de guerre. VoilĂ pourquoi, moi, Jeanne, je me suis tue. Jâai prĂ©fĂ©rĂ© attendre que le temps passe. JâĂ©tais petite, Ă lâĂ©poque, dix ans et quelques mois. Mais lâheure est venue de parler. »Lâignoble NĂ©crole a encore frappĂ©. Lâobjet de sa bataille ? Les mots. Il y en a trop, beaucoup trop. Pour faire taire tous les incurables bavards, tous les poĂštes, tous les chanteurs, tous les raconteurs dâhistoires, tous les amoureux qui disent et redisent leur flamme, tous les humiliĂ©s qui protestent, tous les journalistes qui rĂ©vĂšlent et, trouve-t-il, polluent de leurs nuisances sonores jusquâĂ la nuit, Son Excellence le trĂšs distinguĂ© PrĂ©sident Ă vie a Ă©ditĂ© une liste, pompeusement intitulĂ©e « Circulaire VIII.2012.3917 », celle des trente mots dĂ©sormais autorisĂ©s. Pour Mlle Laurencin et les Ă©lĂšves de CM2 de lâĂ©cole Simon-Bolivar, câest dĂ©cidĂ©, la guerre est dĂ©clarĂ©e. Parmi les escales de cette croisade sur terre et sur mer bientĂŽt suivie par lâĂźle tout entiĂšre, on apprendra comment le Palais de justice fait les choux gras de deux brasseries aux drĂŽles de spĂ©cialitĂ©s et ce que le Pays de Tendre dit de lâamour, on dĂ©couvrira quâune salle de classe et un centre de stratĂ©gie militaire ne sont pas si Ă©loignĂ©s et quâune ancienne mine dâor peut renfermer bien plus prĂ©cieux que le plus prĂ©cieux des mĂ©taux. Amis ou ennemis de Jeanne, en campagne ou non contre lâignorance, on croisera le chemin dâune petite foule dâĂȘtres et de crĂ©atures, parmi lesquels un Ă©lĂ©gant, trois jeunes Ă capuches, des pompiers, un Capitan accablĂ© et trĂšs prolixe en anecdotes, un brochet plus vrai que nature, deux vieilles soeurs aussi virulentes quâĂ©rudites, un certain M. Henri et, toujours, la furie de NĂ©croleâŠPlus de dix ans aprĂšs sa premiĂšre dĂ©claration dâamour Ă la grammaire, Erik Orsenna ne pouvait conclure quâen explorant la fabrique des mots. Qui les crĂ©e ? DâoĂč viennent-ils ? Comment combinent-ils leurs origines ? A-t-on le droit dâen inventer de nouveaux ? Si lâanglais domine toutes les autres langues, nos mots Ă nous seront-ils rĂ©duits Ă lâesclavage ? Ă toutes ces questions, Jeanne rĂ©pond, une fois de plus, et raconte ses aventures au sein de cette mystĂ©rieuse fabrique.