Embarquez pour ce recueil de nouvelles dâHodgson sur le thĂšme de la merVoici un livre des plus Ă©tranges. Il est dâun auteur anglais, William Hope Hodgson, qui mourut trop jeune â tuĂ© sur le front en avril 1918 â, pour avoir pu donner toute sa mesure. Mais si son Ćuvre est courte, elle tĂ©moigne dâune rare originalitĂ©. DĂšs que lâon parle de littĂ©rature de la mer, les premiers noms qui viennent Ă lâesprit sont ceux de Joseph Conrad et dâHerman Melville. Pour eux, la mer nâest pas le dĂ©cor dâune aventure plus ou moins tumultueuse, mais celui dâune tragĂ©die. La mer est un destin. Mais ce sont les hommes qui jouent les rĂŽles principaux et sont vaincus par leur propre fatalitĂ©. Pour W. H. Hodgson, câest la mer elle-mĂȘme qui est fatale. Elle est une force monstrueuse qui sâempare des corps et des Ăąmes et les mĂ©tamorphose Ă son grĂ©. Elle dispose de tout un arsenal fantastique de faux-semblants, et recĂšle une faune et une flore qui ne pardonnent jamais aux navires perdus. Si lâon y Ă©chappe, câest toujours Ă lâextrĂȘme limite et dans des conditions terribles.Dans ce texte rĂšgnent la terreur et le dĂ©lire. Et câest avec un art admirable des dĂ©tails insignifiants, une maniĂšre imperceptible de graduer lâeffroi, que William H. Hodgson fait venir lâĂ©pouvante.EXTRAIT Comment tâavais fait pour mâen attraper un, Grandpaâ ? demanda Nebby.Il avait posĂ© cette question Ă tout moment au cours de la semaine, chaque fois que son massif grand-pĂšre, aux yeux dâun bleu de Guernesey, fredonnait la Ballade des Chevaux marins quâil ne poursuivait jamais bien loin.â Comme ça quâil Ă©tait un peu fatiguĂ©, pâtit Nebby, et je lâai fameusement attrapĂ© avec un coup dâhache, avant quâil puisse dĂ©guerpir, expliqua son grand-pĂšre, tout plein de gravitĂ© et de satisfaction. Nebby descendit de son drĂŽle de cheval de bois, tout simplement en le tirant par lâavant dâentre ses jambes. Il examina sa tĂȘte qui, bizarrement, ressemblait plus ou moins Ă celle dâune licorne, puis mit son doigt dans une sorte de meurtrissure dont on voyait la trace dans la peinture noire du nez.â Câest lĂ que tu lâas tapĂ©, Grandpaâ ? demanda-t-il sĂ©rieusement.â Dame, dit son grand-pĂšre Zacchy, sâemparant du drĂŽle de cheval de bois pour examiner la peinture Ă©raflĂ©e. Dame, câest que je lui ai donnĂ© un furieux coup.Câest-y quâil est mort, Grandpaâ ? demanda lâenfant.â Eh bien, dit le solide vieillard, tĂątant le cheval de bois de partout avec ses gros doigts, câest Ă peu prĂšs comme ci et comme ça.Il ouvrit la mĂąchoire Ă charniĂšre adroitement faite et considĂ©ra les dents en os dont il lâavait garnie, puis glissa un oeil avec le plus grand sĂ©rieux dans la gorge peinte en rouge.CE QUâEN PENSE LA CRITIQUE - « Le mystĂšre habite littĂ©ralement ce singulier recueil de nouvelles, toutes consacrĂ©es Ă la mer. Il est dans chaque ligne, dans chaque dĂ©tail, dâabord insignifiant, tout juste perceptible, une musique, une odeur, mais irrĂ©ductible. Il rĂ©siste jusquâau bout, quand sâapaise la tension, insaisissable mais terriblement prĂ©sent. » - TĂ©lĂ©ramaA PROPOS DE LâAUTEURWilliam Hope Hodgson (1877 â 1918) est nĂ© dans le ComtĂ© d'essex. Fils de pasteur, il quitte trĂšs jeune sa famille et naviguera pendant huit ans. Cette expĂ©rience trĂšs dure marquera sa vie personnelle mais Ă©galement son travail dâĂ©crivain. LorsquâĂ©clate la PremiĂšre Guerre mondiale, il vit en France. Il retourne alors en Angleterre pour sâengager dans lâarmĂ©e et est tuĂ© au front. Câest en dix annĂ©es dâĂ©criture quâil Ă©crivit lâensemble de ses ouvrages parmi lesquels on compte quelques-uns des textes les plus importants de la littĂ©rature fantastique : La Chose dans les algues, Les Canots du Glen Carrig ou encore La Maison au bord du Monde.
Embarquez pour ce recueil de nouvelles dâHodgson sur le thĂšme de la merVoici un livre des plus Ă©tranges. Il est dâun auteur anglais, William Hope Hodgson, qui mourut trop jeune â tuĂ© sur le front en avril 1918 â, pour avoir pu donner toute sa mesure. Mais si son Ćuvre est courte, elle tĂ©moigne dâune rare originalitĂ©. DĂšs que lâon parle de littĂ©rature de la mer, les premiers noms qui viennent Ă lâesprit sont ceux de Joseph Conrad et dâHerman Melville. Pour eux, la mer nâest pas le dĂ©cor dâune aventure plus ou moins tumultueuse, mais celui dâune tragĂ©die. La mer est un destin. Mais ce sont les hommes qui jouent les rĂŽles principaux et sont vaincus par leur propre fatalitĂ©. Pour W. H. Hodgson, câest la mer elle-mĂȘme qui est fatale. Elle est une force monstrueuse qui sâempare des corps et des Ăąmes et les mĂ©tamorphose Ă son grĂ©. Elle dispose de tout un arsenal fantastique de faux-semblants, et recĂšle une faune et une flore qui ne pardonnent jamais aux navires perdus. Si lâon y Ă©chappe, câest toujours Ă lâextrĂȘme limite et dans des conditions terribles.Dans ce texte rĂšgnent la terreur et le dĂ©lire. Et câest avec un art admirable des dĂ©tails insignifiants, une maniĂšre imperceptible de graduer lâeffroi, que William H. Hodgson fait venir lâĂ©pouvante.EXTRAIT Comment tâavais fait pour mâen attraper un, Grandpaâ ? demanda Nebby.Il avait posĂ© cette question Ă tout moment au cours de la semaine, chaque fois que son massif grand-pĂšre, aux yeux dâun bleu de Guernesey, fredonnait la Ballade des Chevaux marins quâil ne poursuivait jamais bien loin.â Comme ça quâil Ă©tait un peu fatiguĂ©, pâtit Nebby, et je lâai fameusement attrapĂ© avec un coup dâhache, avant quâil puisse dĂ©guerpir, expliqua son grand-pĂšre, tout plein de gravitĂ© et de satisfaction. Nebby descendit de son drĂŽle de cheval de bois, tout simplement en le tirant par lâavant dâentre ses jambes. Il examina sa tĂȘte qui, bizarrement, ressemblait plus ou moins Ă celle dâune licorne, puis mit son doigt dans une sorte de meurtrissure dont on voyait la trace dans la peinture noire du nez.â Câest lĂ que tu lâas tapĂ©, Grandpaâ ? demanda-t-il sĂ©rieusement.â Dame, dit son grand-pĂšre Zacchy, sâemparant du drĂŽle de cheval de bois pour examiner la peinture Ă©raflĂ©e. Dame, câest que je lui ai donnĂ© un furieux coup.Câest-y quâil est mort, Grandpaâ ? demanda lâenfant.â Eh bien, dit le solide vieillard, tĂątant le cheval de bois de partout avec ses gros doigts, câest Ă peu prĂšs comme ci et comme ça.Il ouvrit la mĂąchoire Ă charniĂšre adroitement faite et considĂ©ra les dents en os dont il lâavait garnie, puis glissa un oeil avec le plus grand sĂ©rieux dans la gorge peinte en rouge.CE QUâEN PENSE LA CRITIQUE - « Le mystĂšre habite littĂ©ralement ce singulier recueil de nouvelles, toutes consacrĂ©es Ă la mer. Il est dans chaque ligne, dans chaque dĂ©tail, dâabord insignifiant, tout juste perceptible, une musique, une odeur, mais irrĂ©ductible. Il rĂ©siste jusquâau bout, quand sâapaise la tension, insaisissable mais terriblement prĂ©sent. » - TĂ©lĂ©ramaA PROPOS DE LâAUTEURWilliam Hope Hodgson (1877 â 1918) est nĂ© dans le ComtĂ© d'essex. Fils de pasteur, il quitte trĂšs jeune sa famille et naviguera pendant huit ans. Cette expĂ©rience trĂšs dure marquera sa vie personnelle mais Ă©galement son travail dâĂ©crivain. LorsquâĂ©clate la PremiĂšre Guerre mondiale, il vit en France. Il retourne alors en Angleterre pour sâengager dans lâarmĂ©e et est tuĂ© au front. Câest en dix annĂ©es dâĂ©criture quâil Ă©crivit lâensemble de ses ouvrages parmi lesquels on compte quelques-uns des textes les plus importants de la littĂ©rature fantastique : La Chose dans les algues, Les Canots du Glen Carrig ou encore La Maison au bord du Monde.