La Chose dans les algues - William H. Hodgson & Jacques Baron

By William H. Hodgson & Jacques Baron

Release Date: 2015-02-26

Genre: Fiction & Literature

(0 ratings)
Embarquez pour ce recueil de nouvelles d’Hodgson sur le thùme de la mer

Voici un livre des plus Ă©tranges. Il est d’un auteur anglais, William Hope Hodgson, qui mourut trop jeune — tuĂ© sur le front en avril 1918 —, pour avoir pu donner toute sa mesure. Mais si son Ɠuvre est courte, elle tĂ©moigne d’une rare originalitĂ©. DĂšs que l’on parle de littĂ©rature de la mer, les premiers noms qui viennent Ă  l’esprit sont ceux de Joseph Conrad et d’Herman Melville. Pour eux, la mer n’est pas le dĂ©cor d’une aventure plus ou moins tumultueuse, mais celui d’une tragĂ©die. La mer est un destin. Mais ce sont les hommes qui jouent les rĂŽles principaux et sont vaincus par leur propre fatalitĂ©. Pour W. H. Hodgson, c’est la mer elle-mĂȘme qui est fatale. Elle est une force monstrueuse qui s’empare des corps et des Ăąmes et les mĂ©tamorphose Ă  son grĂ©. Elle dispose de tout un arsenal fantastique de faux-semblants, et recĂšle une faune et une flore qui ne pardonnent jamais aux navires perdus. Si l’on y Ă©chappe, c’est toujours Ă  l’extrĂȘme limite et dans des conditions terribles.

Dans ce texte rĂšgnent la terreur et le dĂ©lire. Et c’est avec un art admirable des dĂ©tails insignifiants, une maniĂšre imperceptible de graduer l’effroi, que William H. Hodgson fait venir l’épouvante.

EXTRAIT 

Comment t’avais fait pour m’en attraper un, Grandpa’ ? demanda Nebby.
Il avait posĂ© cette question Ă  tout moment au cours de la semaine, chaque fois que son massif grand-pĂšre, aux yeux d’un bleu de Guernesey, fredonnait la Ballade des Chevaux marins qu’il ne poursuivait jamais bien loin.
– Comme ça qu’il Ă©tait un peu fatiguĂ©, p’tit Nebby, et je l’ai fameusement attrapĂ© avec un coup d’hache, avant qu’il puisse dĂ©guerpir, expliqua son grand-pĂšre, tout plein de gravitĂ© et de satisfaction. Nebby descendit de son drĂŽle de cheval de bois, tout simplement en le tirant par l’avant d’entre ses jambes. Il examina sa tĂȘte qui, bizarrement, ressemblait plus ou moins Ă  celle d’une licorne, puis mit son doigt dans une sorte de meurtrissure dont on voyait la trace dans la peinture noire du nez.
– C’est lĂ  que tu l’as tapĂ©, Grandpa’ ? demanda-t-il sĂ©rieusement.
– Dame, dit son grand-pĂšre Zacchy, s’emparant du drĂŽle de cheval de bois pour examiner la peinture Ă©raflĂ©e. Dame, c’est que je lui ai donnĂ© un furieux coup.
C’est-y qu’il est mort, Grandpa’ ? demanda l’enfant.
– Eh bien, dit le solide vieillard, tñtant le cheval de bois de partout avec ses gros doigts, c’est à peu prùs comme ci et comme ça.
Il ouvrit la mĂąchoire Ă  charniĂšre adroitement faite et considĂ©ra les dents en os dont il l’avait garnie, puis glissa un oeil avec le plus grand sĂ©rieux dans la gorge peinte en rouge.

CE QU’EN PENSE LA CRITIQUE

 - « Le mystĂšre habite littĂ©ralement ce singulier recueil de nouvelles, toutes consacrĂ©es Ă  la mer. Il est dans chaque ligne, dans chaque dĂ©tail, d’abord insignifiant, tout juste perceptible, une musique, une odeur, mais irrĂ©ductible. Il rĂ©siste jusqu’au bout, quand s’apaise la tension, insaisissable mais terriblement prĂ©sent. » - TĂ©lĂ©rama

A PROPOS DE L’AUTEUR

William Hope Hodgson (1877 – 1918) est nĂ© dans le ComtĂ© d'essexFils de pasteur, il quitte trĂšs jeune sa famille et naviguera pendant huit ans. Cette expĂ©rience trĂšs dure marquera sa vie personnelle mais Ă©galement son travail d’écrivain. Lorsqu’éclate la PremiĂšre Guerre mondiale, il vit en France. Il retourne alors en Angleterre pour s’engager dans l’armĂ©e et est tuĂ© au front. C’est en dix annĂ©es d’écriture qu’il Ă©crivit l’ensemble de ses ouvrages parmi lesquels on compte quelques-uns des textes les plus importants de la littĂ©rature fantastique : La Chose dans les algues, Les Canots du Glen Carrig  ou encore La Maison au bord du Monde.

La Chose dans les algues - William H. Hodgson & Jacques Baron

By William H. Hodgson & Jacques Baron

Release Date: 2015-02-26

Genre: Fiction & Literature

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Embarquez pour ce recueil de nouvelles d’Hodgson sur le thùme de la mer

Voici un livre des plus Ă©tranges. Il est d’un auteur anglais, William Hope Hodgson, qui mourut trop jeune — tuĂ© sur le front en avril 1918 —, pour avoir pu donner toute sa mesure. Mais si son Ɠuvre est courte, elle tĂ©moigne d’une rare originalitĂ©. DĂšs que l’on parle de littĂ©rature de la mer, les premiers noms qui viennent Ă  l’esprit sont ceux de Joseph Conrad et d’Herman Melville. Pour eux, la mer n’est pas le dĂ©cor d’une aventure plus ou moins tumultueuse, mais celui d’une tragĂ©die. La mer est un destin. Mais ce sont les hommes qui jouent les rĂŽles principaux et sont vaincus par leur propre fatalitĂ©. Pour W. H. Hodgson, c’est la mer elle-mĂȘme qui est fatale. Elle est une force monstrueuse qui s’empare des corps et des Ăąmes et les mĂ©tamorphose Ă  son grĂ©. Elle dispose de tout un arsenal fantastique de faux-semblants, et recĂšle une faune et une flore qui ne pardonnent jamais aux navires perdus. Si l’on y Ă©chappe, c’est toujours Ă  l’extrĂȘme limite et dans des conditions terribles.

Dans ce texte rĂšgnent la terreur et le dĂ©lire. Et c’est avec un art admirable des dĂ©tails insignifiants, une maniĂšre imperceptible de graduer l’effroi, que William H. Hodgson fait venir l’épouvante.

EXTRAIT 

Comment t’avais fait pour m’en attraper un, Grandpa’ ? demanda Nebby.
Il avait posĂ© cette question Ă  tout moment au cours de la semaine, chaque fois que son massif grand-pĂšre, aux yeux d’un bleu de Guernesey, fredonnait la Ballade des Chevaux marins qu’il ne poursuivait jamais bien loin.
– Comme ça qu’il Ă©tait un peu fatiguĂ©, p’tit Nebby, et je l’ai fameusement attrapĂ© avec un coup d’hache, avant qu’il puisse dĂ©guerpir, expliqua son grand-pĂšre, tout plein de gravitĂ© et de satisfaction. Nebby descendit de son drĂŽle de cheval de bois, tout simplement en le tirant par l’avant d’entre ses jambes. Il examina sa tĂȘte qui, bizarrement, ressemblait plus ou moins Ă  celle d’une licorne, puis mit son doigt dans une sorte de meurtrissure dont on voyait la trace dans la peinture noire du nez.
– C’est lĂ  que tu l’as tapĂ©, Grandpa’ ? demanda-t-il sĂ©rieusement.
– Dame, dit son grand-pĂšre Zacchy, s’emparant du drĂŽle de cheval de bois pour examiner la peinture Ă©raflĂ©e. Dame, c’est que je lui ai donnĂ© un furieux coup.
C’est-y qu’il est mort, Grandpa’ ? demanda l’enfant.
– Eh bien, dit le solide vieillard, tñtant le cheval de bois de partout avec ses gros doigts, c’est à peu prùs comme ci et comme ça.
Il ouvrit la mĂąchoire Ă  charniĂšre adroitement faite et considĂ©ra les dents en os dont il l’avait garnie, puis glissa un oeil avec le plus grand sĂ©rieux dans la gorge peinte en rouge.

CE QU’EN PENSE LA CRITIQUE

 - « Le mystĂšre habite littĂ©ralement ce singulier recueil de nouvelles, toutes consacrĂ©es Ă  la mer. Il est dans chaque ligne, dans chaque dĂ©tail, d’abord insignifiant, tout juste perceptible, une musique, une odeur, mais irrĂ©ductible. Il rĂ©siste jusqu’au bout, quand s’apaise la tension, insaisissable mais terriblement prĂ©sent. » - TĂ©lĂ©rama

A PROPOS DE L’AUTEUR

William Hope Hodgson (1877 – 1918) est nĂ© dans le ComtĂ© d'essexFils de pasteur, il quitte trĂšs jeune sa famille et naviguera pendant huit ans. Cette expĂ©rience trĂšs dure marquera sa vie personnelle mais Ă©galement son travail d’écrivain. Lorsqu’éclate la PremiĂšre Guerre mondiale, il vit en France. Il retourne alors en Angleterre pour s’engager dans l’armĂ©e et est tuĂ© au front. C’est en dix annĂ©es d’écriture qu’il Ă©crivit l’ensemble de ses ouvrages parmi lesquels on compte quelques-uns des textes les plus importants de la littĂ©rature fantastique : La Chose dans les algues, Les Canots du Glen Carrig  ou encore La Maison au bord du Monde.

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