Depuis le XIXe siĂšcle, on lit Montesquieu comme le thĂ©oricien du libĂ©ralisme politique, lâhĂ©ritier de Locke et des penseurs du droit naturel, le chantre de la modernitĂ© post-rĂ©volutionnaire. Jean Goldzink montre ici avec brio combien cette lecture est erronĂ©e : lâessentiel de la gloire de notre plus fameux thĂ©oricien politique serait dĂ» Ă un « blanchiment dâidĂ©es » involontaire, opĂ©rĂ© dans les camps idĂ©ologiques les plus opposĂ©s. En proposant une relecture lumineuse de De lâesprit des lois et des Ćuvres des lecteurs français les plus marquants de cet ouvrage fondateur â de Voltaire Ă Rousseau, en passant par de Maistre, Constant, Comte et dâautres â, Jean Goldzink rappelle que Montesquieu refuse avec la derniĂšre Ă©nergie de penser avec Locke, et que tout son projet consiste au contraire Ă fonder une science politique sans droit naturel attachĂ© Ă la personne humaine, autrement dit sans la visĂ©e universelle quâimplique le jusnaturalisme moderne. Sa mĂ©thode et ses objectifs lui interdisent de concevoir une dĂ©claration des droits de lâhomme et du citoyen ou une quelconque rĂ©publicanisation de la libertĂ© par lâĂ©lection dâun parlement. De cette mise Ă bas dâun dogme quasi unanime depuis deux siĂšcles, il ressort aussi quâil faut questionner la pertinence de lâemploi inconsidĂ©rĂ© du terme « libĂ©ralisme » en histoire des idĂ©es, compte tenu de sa propension vorace Ă tout avaler, au mĂ©pris des moments, des projets et des rudes saveurs dâorigine.
Depuis le XIXe siĂšcle, on lit Montesquieu comme le thĂ©oricien du libĂ©ralisme politique, lâhĂ©ritier de Locke et des penseurs du droit naturel, le chantre de la modernitĂ© post-rĂ©volutionnaire. Jean Goldzink montre ici avec brio combien cette lecture est erronĂ©e : lâessentiel de la gloire de notre plus fameux thĂ©oricien politique serait dĂ» Ă un « blanchiment dâidĂ©es » involontaire, opĂ©rĂ© dans les camps idĂ©ologiques les plus opposĂ©s. En proposant une relecture lumineuse de De lâesprit des lois et des Ćuvres des lecteurs français les plus marquants de cet ouvrage fondateur â de Voltaire Ă Rousseau, en passant par de Maistre, Constant, Comte et dâautres â, Jean Goldzink rappelle que Montesquieu refuse avec la derniĂšre Ă©nergie de penser avec Locke, et que tout son projet consiste au contraire Ă fonder une science politique sans droit naturel attachĂ© Ă la personne humaine, autrement dit sans la visĂ©e universelle quâimplique le jusnaturalisme moderne. Sa mĂ©thode et ses objectifs lui interdisent de concevoir une dĂ©claration des droits de lâhomme et du citoyen ou une quelconque rĂ©publicanisation de la libertĂ© par lâĂ©lection dâun parlement. De cette mise Ă bas dâun dogme quasi unanime depuis deux siĂšcles, il ressort aussi quâil faut questionner la pertinence de lâemploi inconsidĂ©rĂ© du terme « libĂ©ralisme » en histoire des idĂ©es, compte tenu de sa propension vorace Ă tout avaler, au mĂ©pris des moments, des projets et des rudes saveurs dâorigine.