La solitude de Montesquieu - Jean Goldzink

By Jean Goldzink

Release Date: 2011-02-02

Genre: Literary Criticism

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Depuis le XIXe siĂšcle, on lit Montesquieu comme le thĂ©oricien du libĂ©ralisme politique, l’hĂ©ritier de Locke et des penseurs du droit naturel, le chantre de la modernitĂ© post-rĂ©volutionnaire. Jean Goldzink montre ici avec brio combien cette lecture est erronĂ©e : l’essentiel de la gloire de notre plus fameux thĂ©oricien politique serait dĂ» Ă  un « blanchiment d’idĂ©es » involontaire, opĂ©rĂ© dans les camps idĂ©ologiques les plus opposĂ©s. En proposant une relecture lumineuse de De l’esprit des lois et des Ɠuvres des lecteurs français les plus marquants de cet ouvrage fondateur – de Voltaire Ă  Rousseau, en passant par de Maistre, Constant, Comte et d’autres –, Jean Goldzink rappelle que Montesquieu refuse avec la derniĂšre Ă©nergie de penser avec Locke, et que tout son projet consiste au contraire Ă  fonder une science politique sans droit naturel attachĂ© Ă  la personne humaine, autrement dit sans la visĂ©e universelle qu’implique le jusnaturalisme moderne. Sa mĂ©thode et ses objectifs lui interdisent de concevoir une dĂ©claration des droits de l’homme et du citoyen ou une quelconque rĂ©publicanisation de la libertĂ© par l’élection d’un parlement. De cette mise Ă  bas d’un dogme quasi unanime depuis deux siĂšcles, il ressort aussi qu’il faut questionner la pertinence de l’emploi inconsidĂ©rĂ© du terme « libĂ©ralisme » en histoire des idĂ©es, compte tenu de sa propension vorace Ă  tout avaler, au mĂ©pris des moments, des projets et des rudes saveurs d’origine.

La solitude de Montesquieu - Jean Goldzink

By Jean Goldzink

Release Date: 2011-02-02

Genre: Literary Criticism

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Depuis le XIXe siĂšcle, on lit Montesquieu comme le thĂ©oricien du libĂ©ralisme politique, l’hĂ©ritier de Locke et des penseurs du droit naturel, le chantre de la modernitĂ© post-rĂ©volutionnaire. Jean Goldzink montre ici avec brio combien cette lecture est erronĂ©e : l’essentiel de la gloire de notre plus fameux thĂ©oricien politique serait dĂ» Ă  un « blanchiment d’idĂ©es » involontaire, opĂ©rĂ© dans les camps idĂ©ologiques les plus opposĂ©s. En proposant une relecture lumineuse de De l’esprit des lois et des Ɠuvres des lecteurs français les plus marquants de cet ouvrage fondateur – de Voltaire Ă  Rousseau, en passant par de Maistre, Constant, Comte et d’autres –, Jean Goldzink rappelle que Montesquieu refuse avec la derniĂšre Ă©nergie de penser avec Locke, et que tout son projet consiste au contraire Ă  fonder une science politique sans droit naturel attachĂ© Ă  la personne humaine, autrement dit sans la visĂ©e universelle qu’implique le jusnaturalisme moderne. Sa mĂ©thode et ses objectifs lui interdisent de concevoir une dĂ©claration des droits de l’homme et du citoyen ou une quelconque rĂ©publicanisation de la libertĂ© par l’élection d’un parlement. De cette mise Ă  bas d’un dogme quasi unanime depuis deux siĂšcles, il ressort aussi qu’il faut questionner la pertinence de l’emploi inconsidĂ©rĂ© du terme « libĂ©ralisme » en histoire des idĂ©es, compte tenu de sa propension vorace Ă  tout avaler, au mĂ©pris des moments, des projets et des rudes saveurs d’origine.

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