Il y a les guerres de tranchĂ©es, les guerres de mouvement, les guerres de cent ans, les guerres symĂ©triques et asymĂ©triques, mais il y a aussi les guerres de mots, les guerres dâidĂ©es, et notamment les guerres dâidĂ©es reçues qui circulent de nation Ă nation. Chacune essaie de disqualifier lâautre en sâappuyant sur des clichĂ©s, des stĂ©rĂ©otypes Ă©prouvĂ©s et souvent sĂ©culaires : lâautre est laid, lâautre est immoral, lâautre ne sait pas parler, lâautre est maladroit, puant, goinfre, vicieux, parjure, etc.Le prĂ©sent essai est une tentative dâidentifier ces stĂ©rĂ©otypes racistes et xĂ©nophobes qui, au sein des principales nations europĂ©ennes et au cours de lâHistoire, sont adressĂ©s par la France Ă ses voisins et par ses voisins Ă la France. Il en dresse la liste. Il tente de voir sâils ont quelque logique systĂ©mique, et de comprendre par quels canaux (pamphlets, histoires drĂŽles, petite presse, poĂšmes, chansons, grande littĂ©rature) ils se diffusent dans les opinions nationales avec souvent une remarquable longĂ©vitĂ©. « Boches », « rosbifs », « mangeurs de grenouilles », « mal de Naples », « perfide Albion », « grippe espagnole », « cosaques », « vandales » et autres « macaronis » forment ainsi â au sein dâun vaste discours injurieux qui double le discours policĂ© des diplomates â une sorte de rhĂ©torique de dĂ©nominations haineuses, de grande mythologie et de panthĂ©on europĂ©en qui mĂ©ritait une cartographie et une anthologie.
Il y a les guerres de tranchĂ©es, les guerres de mouvement, les guerres de cent ans, les guerres symĂ©triques et asymĂ©triques, mais il y a aussi les guerres de mots, les guerres dâidĂ©es, et notamment les guerres dâidĂ©es reçues qui circulent de nation Ă nation. Chacune essaie de disqualifier lâautre en sâappuyant sur des clichĂ©s, des stĂ©rĂ©otypes Ă©prouvĂ©s et souvent sĂ©culaires : lâautre est laid, lâautre est immoral, lâautre ne sait pas parler, lâautre est maladroit, puant, goinfre, vicieux, parjure, etc.Le prĂ©sent essai est une tentative dâidentifier ces stĂ©rĂ©otypes racistes et xĂ©nophobes qui, au sein des principales nations europĂ©ennes et au cours de lâHistoire, sont adressĂ©s par la France Ă ses voisins et par ses voisins Ă la France. Il en dresse la liste. Il tente de voir sâils ont quelque logique systĂ©mique, et de comprendre par quels canaux (pamphlets, histoires drĂŽles, petite presse, poĂšmes, chansons, grande littĂ©rature) ils se diffusent dans les opinions nationales avec souvent une remarquable longĂ©vitĂ©. « Boches », « rosbifs », « mangeurs de grenouilles », « mal de Naples », « perfide Albion », « grippe espagnole », « cosaques », « vandales » et autres « macaronis » forment ainsi â au sein dâun vaste discours injurieux qui double le discours policĂ© des diplomates â une sorte de rhĂ©torique de dĂ©nominations haineuses, de grande mythologie et de panthĂ©on europĂ©en qui mĂ©ritait une cartographie et une anthologie.