"LâannĂ©e 1900 fut pour la biologie une date singuliĂšrement fĂ©conde. Elle marque un tournant dĂ©cisif dans lâhistoire des idĂ©es, et comme une vĂ©ritable rĂ©volution, non moins profonde peut-ĂȘtre que celle qui suivit en 1839 lâĂ©noncĂ© de la thĂ©orie cellulaire ou, en 1859, la publication de lâOrigine des espĂšces. Au cours de cette annĂ©e 1900, en effet, trois naturalistes, trois botanistes, ayant travaillĂ© indĂ©pendamment lâun de lâautre et chacun dans son pays, font connaĂźtre les rĂ©sultats de leurs recherches sur lâhybridation des races vĂ©gĂ©tales. Tous trois ils ont rĂ©alisĂ© des expĂ©riences claires et prĂ©cises, dont ils croient pouvoir tirer des lois gĂ©nĂ©rales concernant la transmission des caractĂšres parentaux Ă la descendance. Or, voici quâils sâavisent que ces mĂȘmes lois avaient dĂ©jĂ Ă©tĂ© formulĂ©es en 1865, et presque en termes identiques, par un moine tchĂšque, Johann Mendel, qui avait consacrĂ© de longues annĂ©es Ă effectuer des croisements de pois, et dont le travail, exposĂ© en un long mĂ©moire, avait passĂ© complĂštement inaperçu de ses contemporains, encore que ce fĂ»t un chef-dâĆuvre de perspicacitĂ© thĂ©orique et dâingĂ©niositĂ© expĂ©rimentale."
"LâannĂ©e 1900 fut pour la biologie une date singuliĂšrement fĂ©conde. Elle marque un tournant dĂ©cisif dans lâhistoire des idĂ©es, et comme une vĂ©ritable rĂ©volution, non moins profonde peut-ĂȘtre que celle qui suivit en 1839 lâĂ©noncĂ© de la thĂ©orie cellulaire ou, en 1859, la publication de lâOrigine des espĂšces. Au cours de cette annĂ©e 1900, en effet, trois naturalistes, trois botanistes, ayant travaillĂ© indĂ©pendamment lâun de lâautre et chacun dans son pays, font connaĂźtre les rĂ©sultats de leurs recherches sur lâhybridation des races vĂ©gĂ©tales. Tous trois ils ont rĂ©alisĂ© des expĂ©riences claires et prĂ©cises, dont ils croient pouvoir tirer des lois gĂ©nĂ©rales concernant la transmission des caractĂšres parentaux Ă la descendance. Or, voici quâils sâavisent que ces mĂȘmes lois avaient dĂ©jĂ Ă©tĂ© formulĂ©es en 1865, et presque en termes identiques, par un moine tchĂšque, Johann Mendel, qui avait consacrĂ© de longues annĂ©es Ă effectuer des croisements de pois, et dont le travail, exposĂ© en un long mĂ©moire, avait passĂ© complĂštement inaperçu de ses contemporains, encore que ce fĂ»t un chef-dâĆuvre de perspicacitĂ© thĂ©orique et dâingĂ©niositĂ© expĂ©rimentale."