Genre, nouvelle division internationale du travail et migrations - Christine Verschuur & Fenneke Reysoo

By Christine Verschuur & Fenneke Reysoo

Release Date: 2017-07-23

Genre: Business & Personal Finance

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Le nouvel ordre Ă©conomique nĂ©olibĂ©ral modifie la division internationale du travail, ce qui entraĂźne un accroissement des populations migrantes de travailleurs et de travailleuses. Actuellement, une personne sur dix dans les rĂ©gions dĂ©veloppĂ©es est migrante, et les femmes reprĂ©sentent la moitiĂ© de ce nombre. Longtemps, pourtant, la figure du migrant a Ă©tĂ© reprĂ©sentĂ©e comme masculine, en raison des reprĂ©sentations stĂ©rĂ©otypĂ©es ou erronĂ©es du rĂŽle et de la place des femmes et des hommes dans les sociĂ©tĂ©s, et les recherches ou programmes relatifs aux migrants ont ignorĂ© la composante fĂ©minine des migrations. Or, les femmes migrent bien, elles aussi. Une grande partie des femmes migrantes – mĂȘme qualifiĂ©es – travaillent dans le secteur des soins ou des emplois domestiques. Le transfert international des soins et de l’attention aux autres (care) – sorte de nouvelle matiĂšre premiĂšre extraite des pays du Sud pour ĂȘtre consommĂ©e dans les pays riches – est un nouvel Ă©change inĂ©gal. Les espaces oĂč se rĂ©alise le travail des migrantes restent souvent invisibles, lieus de peu de droits. Si les discriminations et les abus sont Ă  dĂ©noncer, l’image de victime accolĂ©e aux migrantes et cependant loin de convenir. La trajectoire migratoire demande pugnacitĂ© et courage. Et nous pouvons nous demander s’il ne s’agit pas du dĂ©part des personnes les plus combatives de la sociĂ©tĂ©... Les identitĂ©s se transforment dans l’expĂ©rience de la migration : comme le dit l’une d’elles, « je ne suis plus celle que j’ai laissĂ©e derriĂšre moi ». Des rĂ©seaux transnationaux se construisent, accompagnĂ©s d’une circulation d’idĂ©es, de nouvelles reprĂ©sentations, de projets, de flux financiers. En 2002, les revenus du travail des migrants atteignaient 73 milliards de dollars, un montant plus Ă©levĂ© que celui de l’aide internationale au dĂ©veloppement. Un nouvel ordre colonial s’instaure avec la nouvelle division internationale du travail. Mais les migrations des femmes et des hommes Ă  travers les pratiques sociales nouvelles, les transformations des identitĂ©s, les renĂ©gociations des rapports de genre et la constitution de rĂ©seaux transnationaux, contribuent peut-ĂȘtre aussi Ă  la recherche d’alternatives pour toutes et pour tous.

Genre, nouvelle division internationale du travail et migrations - Christine Verschuur & Fenneke Reysoo

By Christine Verschuur & Fenneke Reysoo

Release Date: 2017-07-23

Genre: Business & Personal Finance

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Le nouvel ordre Ă©conomique nĂ©olibĂ©ral modifie la division internationale du travail, ce qui entraĂźne un accroissement des populations migrantes de travailleurs et de travailleuses. Actuellement, une personne sur dix dans les rĂ©gions dĂ©veloppĂ©es est migrante, et les femmes reprĂ©sentent la moitiĂ© de ce nombre. Longtemps, pourtant, la figure du migrant a Ă©tĂ© reprĂ©sentĂ©e comme masculine, en raison des reprĂ©sentations stĂ©rĂ©otypĂ©es ou erronĂ©es du rĂŽle et de la place des femmes et des hommes dans les sociĂ©tĂ©s, et les recherches ou programmes relatifs aux migrants ont ignorĂ© la composante fĂ©minine des migrations. Or, les femmes migrent bien, elles aussi. Une grande partie des femmes migrantes – mĂȘme qualifiĂ©es – travaillent dans le secteur des soins ou des emplois domestiques. Le transfert international des soins et de l’attention aux autres (care) – sorte de nouvelle matiĂšre premiĂšre extraite des pays du Sud pour ĂȘtre consommĂ©e dans les pays riches – est un nouvel Ă©change inĂ©gal. Les espaces oĂč se rĂ©alise le travail des migrantes restent souvent invisibles, lieus de peu de droits. Si les discriminations et les abus sont Ă  dĂ©noncer, l’image de victime accolĂ©e aux migrantes et cependant loin de convenir. La trajectoire migratoire demande pugnacitĂ© et courage. Et nous pouvons nous demander s’il ne s’agit pas du dĂ©part des personnes les plus combatives de la sociĂ©tĂ©... Les identitĂ©s se transforment dans l’expĂ©rience de la migration : comme le dit l’une d’elles, « je ne suis plus celle que j’ai laissĂ©e derriĂšre moi ». Des rĂ©seaux transnationaux se construisent, accompagnĂ©s d’une circulation d’idĂ©es, de nouvelles reprĂ©sentations, de projets, de flux financiers. En 2002, les revenus du travail des migrants atteignaient 73 milliards de dollars, un montant plus Ă©levĂ© que celui de l’aide internationale au dĂ©veloppement. Un nouvel ordre colonial s’instaure avec la nouvelle division internationale du travail. Mais les migrations des femmes et des hommes Ă  travers les pratiques sociales nouvelles, les transformations des identitĂ©s, les renĂ©gociations des rapports de genre et la constitution de rĂ©seaux transnationaux, contribuent peut-ĂȘtre aussi Ă  la recherche d’alternatives pour toutes et pour tous.

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