« Le besoin dâĂ©voquer certains des ĂȘtres qui ont illuminĂ© mon existence me tenaille depuis que jâai dĂ©couvert quâils occupaient mes nuits. Une Ă©trange grĂące mâest ainsi donnĂ©e de revivre parmi tous ces disparus qui ont emportĂ© une partie de moi-mĂȘme et qui, de ce fait, me la restituent. Ils mâaccompagnent. Je mâappuie volontiers sur eux pour conjurer la hantise devant le grand vide qui me rendra orphelin de toute protection. Le besoin de les faire revivre exprime alors Ă la fois un rĂ©confort et une gratitude. On connaĂźt le merveilleux mot de Picasso Ă Matisse : â Le jour oĂč lâun de nous disparaĂźtra, lâautre ne saura plus Ă qui parler de certaines choses. â Jâai trouvĂ© le moyen, en Ă©voquant un certain nombre de ceux qui ont comptĂ© pour moi, de continuer Ă leur parler. Et câest lĂ que rĂ©side lâambition de mon titre : quâils soient cĂ©lĂšbres ou non, quâils soient des adversaires attentifs plutĂŽt que des amis, ils ont tous contribuĂ© Ă faire de moi ce que je suis et je les ai tous adoptĂ©s comme miens. »
« Le besoin dâĂ©voquer certains des ĂȘtres qui ont illuminĂ© mon existence me tenaille depuis que jâai dĂ©couvert quâils occupaient mes nuits. Une Ă©trange grĂące mâest ainsi donnĂ©e de revivre parmi tous ces disparus qui ont emportĂ© une partie de moi-mĂȘme et qui, de ce fait, me la restituent. Ils mâaccompagnent. Je mâappuie volontiers sur eux pour conjurer la hantise devant le grand vide qui me rendra orphelin de toute protection. Le besoin de les faire revivre exprime alors Ă la fois un rĂ©confort et une gratitude. On connaĂźt le merveilleux mot de Picasso Ă Matisse : â Le jour oĂč lâun de nous disparaĂźtra, lâautre ne saura plus Ă qui parler de certaines choses. â Jâai trouvĂ© le moyen, en Ă©voquant un certain nombre de ceux qui ont comptĂ© pour moi, de continuer Ă leur parler. Et câest lĂ que rĂ©side lâambition de mon titre : quâils soient cĂ©lĂšbres ou non, quâils soient des adversaires attentifs plutĂŽt que des amis, ils ont tous contribuĂ© Ă faire de moi ce que je suis et je les ai tous adoptĂ©s comme miens. »