« La queue, câest Paris. La queue, câest la France. » Sous lâOccupation allemande, les Français sont rĂ©duits Ă la famine et au rationnement. Lâapprovisionnement, alĂ©atoire, toujours insuffisant, accapare tous les esprits et requiert organisation et patience : on fait des heures de queue devant les devantures de magasin, dans lâespoir dâune livraison puis dâune distribution. « On entend de tout dans la queue, car il y a de tout dans la queue. Câest le chĆur antique, lâopinion publique, la grande voix du pays, vox populi, vox Dei. » Paul Achard transcrit des scĂšnes vĂ©cues parmi le petit peuple de Paris, il dit la gouaille et la rĂ©signation, la grogne, une certaine connivence contre lâennemi, la colĂšre contre les profiteurs, la flambĂ©e des prix, lâaigreur de ne pouvoir se payer le marchĂ© noir, les subterfuges des cuisiniĂšres qui accommodent les ersatz, les hallucinations provoquĂ©es par la faim⊠Paul Achard voulait faire paraĂźtre son livre en 1943, la censure lâinterdit. Il parut en 1945. Un tĂ©moignage Ă©tonnant, jamais republiĂ©.
« La queue, câest Paris. La queue, câest la France. » Sous lâOccupation allemande, les Français sont rĂ©duits Ă la famine et au rationnement. Lâapprovisionnement, alĂ©atoire, toujours insuffisant, accapare tous les esprits et requiert organisation et patience : on fait des heures de queue devant les devantures de magasin, dans lâespoir dâune livraison puis dâune distribution. « On entend de tout dans la queue, car il y a de tout dans la queue. Câest le chĆur antique, lâopinion publique, la grande voix du pays, vox populi, vox Dei. » Paul Achard transcrit des scĂšnes vĂ©cues parmi le petit peuple de Paris, il dit la gouaille et la rĂ©signation, la grogne, une certaine connivence contre lâennemi, la colĂšre contre les profiteurs, la flambĂ©e des prix, lâaigreur de ne pouvoir se payer le marchĂ© noir, les subterfuges des cuisiniĂšres qui accommodent les ersatz, les hallucinations provoquĂ©es par la faim⊠Paul Achard voulait faire paraĂźtre son livre en 1943, la censure lâinterdit. Il parut en 1945. Un tĂ©moignage Ă©tonnant, jamais republiĂ©.