"Jâai appris la nouvelle ce matin, en Ă©coutant le rĂ©pondeur. Isa disait : Papa est dĂ©cĂ©dĂ©. Je me suis fait couler un cafĂ© et je lâai rappelĂ©e, puis jâai composĂ© le numĂ©ro dâAir France. Thierry est entrĂ© en bĂąillant, mâa regardĂ©e et a dit : Quâest-ce qui se passe ? Jâai rĂ©pondu : Papa est mort. Isa a dit : dĂ©cĂ©dĂ©. Moi je dis : mort. Je ne vois pas pourquoi je prendrais des gants. Depuis le temps que lâidĂ©e de la mort mâaccompagne, je ne dirais pas quâelle mâest devenue familiĂšre, non, mais jâai quand mĂȘme le droit de lâappeler par son nom. Tu es mort. Enfin." Une fille Ă©crit Ă son pĂšre. A force de cruautĂ©, il a abĂźmĂ© son enfance, sa vie. On peut haĂŻr celui qui vous a enfantĂ©. Peut-on lui pardonner ? Un premier roman saisissant rĂ©compensĂ© par le prix Roger Nimier
"Jâai appris la nouvelle ce matin, en Ă©coutant le rĂ©pondeur. Isa disait : Papa est dĂ©cĂ©dĂ©. Je me suis fait couler un cafĂ© et je lâai rappelĂ©e, puis jâai composĂ© le numĂ©ro dâAir France. Thierry est entrĂ© en bĂąillant, mâa regardĂ©e et a dit : Quâest-ce qui se passe ? Jâai rĂ©pondu : Papa est mort. Isa a dit : dĂ©cĂ©dĂ©. Moi je dis : mort. Je ne vois pas pourquoi je prendrais des gants. Depuis le temps que lâidĂ©e de la mort mâaccompagne, je ne dirais pas quâelle mâest devenue familiĂšre, non, mais jâai quand mĂȘme le droit de lâappeler par son nom. Tu es mort. Enfin." Une fille Ă©crit Ă son pĂšre. A force de cruautĂ©, il a abĂźmĂ© son enfance, sa vie. On peut haĂŻr celui qui vous a enfantĂ©. Peut-on lui pardonner ? Un premier roman saisissant rĂ©compensĂ© par le prix Roger Nimier