Jouir sans entrave - Marc Levy

By Marc Levy

Release Date: 2026-03-02

Genre: Psychology

(0 ratings)
Il y a bien des maniĂšres d’évoquer l’inadĂ©quation, l’hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ©, l’impossible identitĂ© qui sont au cƓur des ĂȘtres parlants.
Les passions de l’ñme et la chair, le cƓur et la raison, les mots et les corps, ont peuplĂ© les fables, les contes, les romans, les philosophies, les religions et autres spĂ©culations... Mais c’était aux temps oĂč cette division ne cessait d’ĂȘtre interrogĂ©e.
À cette division, bien des traitements furent appliquĂ©s. Platon a insistĂ© sur cette division entre le corps et l’ñme, Plotin penchait plutĂŽt pour la haine du corps, les stoĂŻciens avaient pour devise « supporte et abstiens toi », les cyniques vivaient pour provoquer, tel DiogĂšne se masturbant sur la place publique. Les hĂ©donistes s’en donnaient Ă  cƓur joie et Descartes trouva dans la glande pinĂ©ale de quoi suturer la question de la substance Ă©tendue et de la substance pensante. Platon levait son index vers le ciel, tandis qu’Aristote tournait la paume de sa main vers le sol.
Toujours le monde change, le nĂŽtre aussi !
La mĂ©decine, la recherche, la politique, la culture, l’information sont gĂ©rĂ©es par des « managers » appelĂ©s « experts » qui financiarisent les pratiques et abusent le citoyen.
Les mĂ©tiers n’ont plus de sens, les scores, les rythmes, les rendements, et les Ă©valuations technocratiques sont aussi grotesques que pervers.
La dictature des machines est en marche, une marche forcĂ©e par l’intelligence artificielle !
Cette marche forcĂ©e s’est mise au service de notre jouissance et alors, nous voulons jouir de tout, tout le temps et quoi qu’il arrive. HĂ©las, cette jouissance dĂ©bridĂ©e Ă©crase notre dĂ©sir et rĂ©duit notre parole Ă  la seule communication, elle-mĂȘme dictĂ©e par les Ă©lĂ©ments de langage.
Quel paradoxe ! La science veut suturer notre division alors mĂȘme qu’elle en est issue.

Jouir sans entrave - Marc Levy

By Marc Levy

Release Date: 2026-03-02

Genre: Psychology

(0 ratings)
Il y a bien des maniĂšres d’évoquer l’inadĂ©quation, l’hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ©, l’impossible identitĂ© qui sont au cƓur des ĂȘtres parlants.
Les passions de l’ñme et la chair, le cƓur et la raison, les mots et les corps, ont peuplĂ© les fables, les contes, les romans, les philosophies, les religions et autres spĂ©culations... Mais c’était aux temps oĂč cette division ne cessait d’ĂȘtre interrogĂ©e.
À cette division, bien des traitements furent appliquĂ©s. Platon a insistĂ© sur cette division entre le corps et l’ñme, Plotin penchait plutĂŽt pour la haine du corps, les stoĂŻciens avaient pour devise « supporte et abstiens toi », les cyniques vivaient pour provoquer, tel DiogĂšne se masturbant sur la place publique. Les hĂ©donistes s’en donnaient Ă  cƓur joie et Descartes trouva dans la glande pinĂ©ale de quoi suturer la question de la substance Ă©tendue et de la substance pensante. Platon levait son index vers le ciel, tandis qu’Aristote tournait la paume de sa main vers le sol.
Toujours le monde change, le nĂŽtre aussi !
La mĂ©decine, la recherche, la politique, la culture, l’information sont gĂ©rĂ©es par des « managers » appelĂ©s « experts » qui financiarisent les pratiques et abusent le citoyen.
Les mĂ©tiers n’ont plus de sens, les scores, les rythmes, les rendements, et les Ă©valuations technocratiques sont aussi grotesques que pervers.
La dictature des machines est en marche, une marche forcĂ©e par l’intelligence artificielle !
Cette marche forcĂ©e s’est mise au service de notre jouissance et alors, nous voulons jouir de tout, tout le temps et quoi qu’il arrive. HĂ©las, cette jouissance dĂ©bridĂ©e Ă©crase notre dĂ©sir et rĂ©duit notre parole Ă  la seule communication, elle-mĂȘme dictĂ©e par les Ă©lĂ©ments de langage.
Quel paradoxe ! La science veut suturer notre division alors mĂȘme qu’elle en est issue.

Related Articles