La Source et le Signe - Vincent Debaene

By Vincent Debaene

Release Date: 2025-04-18

Genre: Social Science

(0 ratings)
Comment entendre la parole de l’autre ? Comment la faire entendre ? L’anthropologie, en France, ne s’est pas construite dans un dialogue avec la parole « indigĂšne ». Elle a rĂ©ifiĂ© un discours, certes suscitĂ© et recueilli, mais rĂ©duit Ă  la fonction de document Ă  complĂ©ter (il est source) ou Ă  interprĂ©ter (il est signe). CatĂ©gorie coloniale ou notion thĂ©orique, l’« indigĂšne » est dans tous les cas objet de discours et non sujet d’énonciation.
À travers une histoire de la discipline en France et au prisme d’une comparaison avec les États-Unis, Vincent Debaene se penche sur les ambivalences des discours qui prĂ©tendent accueillir ou Ă©tudier la parole de l’autre. Il scrute l’hĂ©ritage colonial de l’anthropologie et les possibilitĂ©s de s’en dĂ©prendre. Sur la base d’un corpus de textes africains et malgaches, jadis dĂ©signĂ© comme « littĂ©rature indigĂšne d’expression française », il montre comment s’est instituĂ©e une hiĂ©rarchie entre Ă©criture dominĂ©e et lecture dominante. Il montre surtout comment des auteurs ont, bien avant les indĂ©pendances, inventĂ© des formes, littĂ©raires et savantes, pour forcer la possibilitĂ© d’un dialogue et faire entendre leurs voix.
Ce livre retrace l’histoire de ces tentatives. Mais il interroge Ă©galement la position de l’historien, du sociologue ou du critique qui s’en emparent, car eux aussi, Ă  leur façon, transforment les discours en sources et en signes. Comment s’assurer de ne pas reproduire la condescendance coloniale dans la ressaisie de ces Ă©crits ? Peut-on les envisager non pas seulement comme des documents au service d’une histoire Ă  Ă©crire mais comme des adresses, qui dĂ©placent le projet savant lui-mĂȘme ?

La Source et le Signe - Vincent Debaene

By Vincent Debaene

Release Date: 2025-04-18

Genre: Social Science

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Comment entendre la parole de l’autre ? Comment la faire entendre ? L’anthropologie, en France, ne s’est pas construite dans un dialogue avec la parole « indigĂšne ». Elle a rĂ©ifiĂ© un discours, certes suscitĂ© et recueilli, mais rĂ©duit Ă  la fonction de document Ă  complĂ©ter (il est source) ou Ă  interprĂ©ter (il est signe). CatĂ©gorie coloniale ou notion thĂ©orique, l’« indigĂšne » est dans tous les cas objet de discours et non sujet d’énonciation.
À travers une histoire de la discipline en France et au prisme d’une comparaison avec les États-Unis, Vincent Debaene se penche sur les ambivalences des discours qui prĂ©tendent accueillir ou Ă©tudier la parole de l’autre. Il scrute l’hĂ©ritage colonial de l’anthropologie et les possibilitĂ©s de s’en dĂ©prendre. Sur la base d’un corpus de textes africains et malgaches, jadis dĂ©signĂ© comme « littĂ©rature indigĂšne d’expression française », il montre comment s’est instituĂ©e une hiĂ©rarchie entre Ă©criture dominĂ©e et lecture dominante. Il montre surtout comment des auteurs ont, bien avant les indĂ©pendances, inventĂ© des formes, littĂ©raires et savantes, pour forcer la possibilitĂ© d’un dialogue et faire entendre leurs voix.
Ce livre retrace l’histoire de ces tentatives. Mais il interroge Ă©galement la position de l’historien, du sociologue ou du critique qui s’en emparent, car eux aussi, Ă  leur façon, transforment les discours en sources et en signes. Comment s’assurer de ne pas reproduire la condescendance coloniale dans la ressaisie de ces Ă©crits ? Peut-on les envisager non pas seulement comme des documents au service d’une histoire Ă  Ă©crire mais comme des adresses, qui dĂ©placent le projet savant lui-mĂȘme ?

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