Lise Deharme ne fut pas une femme facile.AndrĂ© Breton sâest consumĂ© dâamour pour elle. Louis Aragon, Jean Cocteau, Antonin Artaud, Paul Eluard, Robert Desnos, lâadorĂšrent, suspendus Ă son jugement lapidaire. Lise Deharme, nĂ©e en 1898, rĂ©gna sur les cĆurs des artistes avec lâaplomb dâune duchesse mĂ©diĂ©vale. MĂ©cĂšne de Giacometti et de Man Ray, elle organisa dans son salon des rĂ©unions mĂ©morables, sous lâĆil amusĂ© de ses copines Marie-Laure de Noailles et Louise de Vilmorin.Elle se maria une premiĂšre fois avec lâhĂ©ritier des magasins Old England, homosexuel, qui se suicida. Elle connut lâimmense amour avec Paul Deharme, qui mourut jeune. Epousa alors son meilleur ami, Jacques, pathĂ©tiquement dĂ©vouĂ©. Lise Ă©tait donc entourĂ©e, mais toujours seule.Car Lise cachait des peurs, des fĂȘlures et des manques. Jamais remise dâavoir Ă©tĂ© haĂŻe par sa mĂšre, dĂ©testant son milieu fortunĂ© sans en renier les bonnes maniĂšres, elle prĂ©fĂ©ra toujours la compagnie des fantĂŽmes Ă celle des humains. LâobscuritĂ©, le surnaturel et les peurs, lui parlĂšrent beaucoup plus que les convenances de salon. Ses textes, dâune magnifique Ă©trangetĂ©, sont tombĂ©s dans lâoubli. Pourtant, ils rĂ©vĂšlent ce qui a pu rendre fous les surrĂ©alistes : lâĂ©sotĂ©risme, mais aussi le goĂ»t pour la souillure, la sauvagerie, lâabsurde, les caprices insensĂ©s. Lise Deharme ne sâendormait jamais sans avoir disposĂ©, sur son lit, des petits tas de livres. Elle mit un point dâhonneur Ă mentir, tout le temps, sur tous les sujets. Elle finit seule et ruinĂ©e, trop diffĂ©rente, trop inquiĂ©tante pour que la postĂ©ritĂ© ne garde sa trace. A moins quâun livre ne vienne, enfin, la mettre en lumiĂšre.
Lise Deharme ne fut pas une femme facile.AndrĂ© Breton sâest consumĂ© dâamour pour elle. Louis Aragon, Jean Cocteau, Antonin Artaud, Paul Eluard, Robert Desnos, lâadorĂšrent, suspendus Ă son jugement lapidaire. Lise Deharme, nĂ©e en 1898, rĂ©gna sur les cĆurs des artistes avec lâaplomb dâune duchesse mĂ©diĂ©vale. MĂ©cĂšne de Giacometti et de Man Ray, elle organisa dans son salon des rĂ©unions mĂ©morables, sous lâĆil amusĂ© de ses copines Marie-Laure de Noailles et Louise de Vilmorin.Elle se maria une premiĂšre fois avec lâhĂ©ritier des magasins Old England, homosexuel, qui se suicida. Elle connut lâimmense amour avec Paul Deharme, qui mourut jeune. Epousa alors son meilleur ami, Jacques, pathĂ©tiquement dĂ©vouĂ©. Lise Ă©tait donc entourĂ©e, mais toujours seule.Car Lise cachait des peurs, des fĂȘlures et des manques. Jamais remise dâavoir Ă©tĂ© haĂŻe par sa mĂšre, dĂ©testant son milieu fortunĂ© sans en renier les bonnes maniĂšres, elle prĂ©fĂ©ra toujours la compagnie des fantĂŽmes Ă celle des humains. LâobscuritĂ©, le surnaturel et les peurs, lui parlĂšrent beaucoup plus que les convenances de salon. Ses textes, dâune magnifique Ă©trangetĂ©, sont tombĂ©s dans lâoubli. Pourtant, ils rĂ©vĂšlent ce qui a pu rendre fous les surrĂ©alistes : lâĂ©sotĂ©risme, mais aussi le goĂ»t pour la souillure, la sauvagerie, lâabsurde, les caprices insensĂ©s. Lise Deharme ne sâendormait jamais sans avoir disposĂ©, sur son lit, des petits tas de livres. Elle mit un point dâhonneur Ă mentir, tout le temps, sur tous les sujets. Elle finit seule et ruinĂ©e, trop diffĂ©rente, trop inquiĂ©tante pour que la postĂ©ritĂ© ne garde sa trace. A moins quâun livre ne vienne, enfin, la mettre en lumiĂšre.