Une dispute entre amants - fait banal en soi - quelques gifles Ă©changĂ©es, une insulte lancĂ©e Ă bout portant Ă propos de ses origines ethniques, telles furent les circonstances qui amenĂšrent lâauteur, un mĂ©decin antillais installĂ© en France, Ă entreprendre une vĂ©ritable rĂ©trospective. NĂ© au carrefour de plusieurs races, tenant de lâAsie et, dans une moindre mesure, de lâAfrique et de lâEurope, il sâinterroge : « Qui suis-je en vĂ©ritĂ© ? » « Devrais-je passer ma vie Ă ĂȘtre seulement tolĂ©rĂ© par les uns et par les autres, et Ă ĂȘtre repoussĂ© tantĂŽt par les Noirs et tantĂŽt par les Blancs ? Enfin, devrais-je toujours supporter les Ă©pithĂštes de coolie ou de sale NĂšgre, suivant les cas ? » La lecture de ce livre est aussi une occasion de faire connaissance avec des coins inoubliables de la terre antillaise. Comment pouvoir oublier, en effet, cette plage dâun coin de la cĂŽte atlantique, oĂč lâauteur allait Ă la pĂȘche aux Ă©crevisses « quand lâombre du vieux volcan commençait Ă se confondre avec le fond du ciel » ? Dâassiettes et de fourchettes ? Point nâĂ©tait besoin, dans ce petit paradis perdu, car « un nĆud de bambou fendu en deux, garni de poissons et de lĂ©gumes du pays, et la fourchette Ă cinq dents dont le crĂ©ateur nous a pourvus, valaient bien les plus beaux festins oĂč lâargent rivalise avec le cristal ». Ces quelques citations suffisent Ă expliquer pourquoi Maurice MessĂ©guĂ© - lâauteur de "Des hommes et des plantes" et de "Câest la nature qui a raison" - a acceptĂ© dâĂ©crire la prĂ©face de ce livre. En effet, nous dĂ©couvrons, au fil des pages, lâattachement de lâauteur Ă la nature sauvage de son pays. Sâimposer toujours Ă lâaffection des hommes, tel est son Ă©ternel problĂšme : ce qui est certainement une attitude autoritaire. Mais si lĂ est son malheur, lĂ se trouve son espoir aussi. Le « Petit Coolie noir », expression dâune Ăąme extraordinairement sensible - peut-ĂȘtre mĂȘme dâune sensibilitĂ© maladive - est aussi celle dâun homme lucide, aimant Ă plaisanter et ayant bien les pieds sur terre. En un mot, le Petit Coolie noir est un personnage fort attachant, nouveau pour nous, certes, mais dont le souvenir demeurera en nous impĂ©rissable.
Une dispute entre amants - fait banal en soi - quelques gifles Ă©changĂ©es, une insulte lancĂ©e Ă bout portant Ă propos de ses origines ethniques, telles furent les circonstances qui amenĂšrent lâauteur, un mĂ©decin antillais installĂ© en France, Ă entreprendre une vĂ©ritable rĂ©trospective. NĂ© au carrefour de plusieurs races, tenant de lâAsie et, dans une moindre mesure, de lâAfrique et de lâEurope, il sâinterroge : « Qui suis-je en vĂ©ritĂ© ? » « Devrais-je passer ma vie Ă ĂȘtre seulement tolĂ©rĂ© par les uns et par les autres, et Ă ĂȘtre repoussĂ© tantĂŽt par les Noirs et tantĂŽt par les Blancs ? Enfin, devrais-je toujours supporter les Ă©pithĂštes de coolie ou de sale NĂšgre, suivant les cas ? » La lecture de ce livre est aussi une occasion de faire connaissance avec des coins inoubliables de la terre antillaise. Comment pouvoir oublier, en effet, cette plage dâun coin de la cĂŽte atlantique, oĂč lâauteur allait Ă la pĂȘche aux Ă©crevisses « quand lâombre du vieux volcan commençait Ă se confondre avec le fond du ciel » ? Dâassiettes et de fourchettes ? Point nâĂ©tait besoin, dans ce petit paradis perdu, car « un nĆud de bambou fendu en deux, garni de poissons et de lĂ©gumes du pays, et la fourchette Ă cinq dents dont le crĂ©ateur nous a pourvus, valaient bien les plus beaux festins oĂč lâargent rivalise avec le cristal ». Ces quelques citations suffisent Ă expliquer pourquoi Maurice MessĂ©guĂ© - lâauteur de "Des hommes et des plantes" et de "Câest la nature qui a raison" - a acceptĂ© dâĂ©crire la prĂ©face de ce livre. En effet, nous dĂ©couvrons, au fil des pages, lâattachement de lâauteur Ă la nature sauvage de son pays. Sâimposer toujours Ă lâaffection des hommes, tel est son Ă©ternel problĂšme : ce qui est certainement une attitude autoritaire. Mais si lĂ est son malheur, lĂ se trouve son espoir aussi. Le « Petit Coolie noir », expression dâune Ăąme extraordinairement sensible - peut-ĂȘtre mĂȘme dâune sensibilitĂ© maladive - est aussi celle dâun homme lucide, aimant Ă plaisanter et ayant bien les pieds sur terre. En un mot, le Petit Coolie noir est un personnage fort attachant, nouveau pour nous, certes, mais dont le souvenir demeurera en nous impĂ©rissable.