« Il est facile de prĂȘcher la morale, il est difficile de la fonder ! » Cette remarque de Schopenhauer reste aujourdâhui dâactualitĂ© : parmi toutes les disciplines, lâĂ©thique est la seule pour laquelle le problĂšme du fondement se pose avec une ampleur telle, quâil Ă©clipse mĂȘme son contenu. Le lien entre la conception que les hommes se font de la rĂ©alitĂ©, et la morale quâils se donnent, remonte aux origines mĂȘmes de notre culture. Les penseurs de lâAntiquitĂ© avaient compris que le fondement de lâĂ©thique doit ĂȘtre recherchĂ© dans le rĂ©el : « Agis suivant la nature ! » DâĂpicure Ă Schopenhauer et de Kant Ă Henri PoincarĂ©, le dĂ©veloppement des sciences nâa cessĂ© dâentraĂźner des « rĂ©visions dĂ©chirantes » en matiĂšre de philosophie et de morale. Tout rĂ©cemment, certains auteurs (dont Jacques Monod) ont cherchĂ© Ă fonder une « Ă©thique de la connaissance », tandis que dâautres (de Raymond B. Cattell Ă Konrad Lorenz) mettaient en Ă©vidence les consĂ©quences Ă©thiques des plus rĂ©centes dĂ©couvertes de la physique et de la biologie. Auteur de plusieurs ouvrages renommĂ©s sur la physique moderne, Paul Chambadal, laurĂ©at de lâAcadĂ©mie des sciences morales et politiques, reprend lâensemble du dossier en faisant montre, Ă la fois, dâune grande originalitĂ© et dâun sens aigu de la synthĂšse. Sâefforçant de ne pas opposer une mĂ©taphysique Ă une autre, de ne pas contester un dogme au nom dâun autre, il affirme que câest sur lâensemble de nos connaissances, en prenant en compte lâunitĂ© fonciĂšre de lâunivers, quâune Ă©thique nouvelle doit sâappuyer. Il examine successivement la notion de rĂ©alitĂ©, les diffĂ©rentes catĂ©gories de lâĂ©thique, les limites de la science et le problĂšme de la vie, tĂąche qui lâamĂšne Ă réévaluer des notions aussi fondamentales que celles dâespace, de temps, de matiĂšre et dâĂ©nergie. Il montre ainsi que lâĂ©thique ne peut avoir dâautre fondement que celui qui est fourni par lâĂ©tude et lâinterprĂ©tation de la rĂ©alitĂ© physique.
« Il est facile de prĂȘcher la morale, il est difficile de la fonder ! » Cette remarque de Schopenhauer reste aujourdâhui dâactualitĂ© : parmi toutes les disciplines, lâĂ©thique est la seule pour laquelle le problĂšme du fondement se pose avec une ampleur telle, quâil Ă©clipse mĂȘme son contenu. Le lien entre la conception que les hommes se font de la rĂ©alitĂ©, et la morale quâils se donnent, remonte aux origines mĂȘmes de notre culture. Les penseurs de lâAntiquitĂ© avaient compris que le fondement de lâĂ©thique doit ĂȘtre recherchĂ© dans le rĂ©el : « Agis suivant la nature ! » DâĂpicure Ă Schopenhauer et de Kant Ă Henri PoincarĂ©, le dĂ©veloppement des sciences nâa cessĂ© dâentraĂźner des « rĂ©visions dĂ©chirantes » en matiĂšre de philosophie et de morale. Tout rĂ©cemment, certains auteurs (dont Jacques Monod) ont cherchĂ© Ă fonder une « Ă©thique de la connaissance », tandis que dâautres (de Raymond B. Cattell Ă Konrad Lorenz) mettaient en Ă©vidence les consĂ©quences Ă©thiques des plus rĂ©centes dĂ©couvertes de la physique et de la biologie. Auteur de plusieurs ouvrages renommĂ©s sur la physique moderne, Paul Chambadal, laurĂ©at de lâAcadĂ©mie des sciences morales et politiques, reprend lâensemble du dossier en faisant montre, Ă la fois, dâune grande originalitĂ© et dâun sens aigu de la synthĂšse. Sâefforçant de ne pas opposer une mĂ©taphysique Ă une autre, de ne pas contester un dogme au nom dâun autre, il affirme que câest sur lâensemble de nos connaissances, en prenant en compte lâunitĂ© fonciĂšre de lâunivers, quâune Ă©thique nouvelle doit sâappuyer. Il examine successivement la notion de rĂ©alitĂ©, les diffĂ©rentes catĂ©gories de lâĂ©thique, les limites de la science et le problĂšme de la vie, tĂąche qui lâamĂšne Ă réévaluer des notions aussi fondamentales que celles dâespace, de temps, de matiĂšre et dâĂ©nergie. Il montre ainsi que lâĂ©thique ne peut avoir dâautre fondement que celui qui est fourni par lâĂ©tude et lâinterprĂ©tation de la rĂ©alitĂ© physique.