Lâinformation et ses technologies refaçonnent notre univers technique, social et Ă©thique, mais ces bouleversements se font dans deux directions opposĂ©es selon que lâon choisit dâen encourager lâappropriation privĂ©e ou dâen faire des biens communs. Dâun cĂŽtĂ©, lâextension des domaines couverts par les brevets (molĂ©cules pharmaceutiques, variĂ©tĂ©s vĂ©gĂ©tales, sĂ©quences gĂ©nĂ©tiques, logiciels) restreint, pour le profit de quelques multinationales, lâaccĂšs Ă des ressources essentielles telles que les mĂ©dicaments, les semences et lâinformation. La concentration des mĂ©dias â notamment audiovisuels â menace la dĂ©mocratie lĂ oĂč elle existe. De lâautre cĂŽtĂ©, la production et le partage de lâinformation et des crĂ©ations sont plus libres quâavant, et la multiplication des Ă©changes esquisse une sociĂ©tĂ© mondiale, diverse et solidaire. Les mĂ©dias coopĂ©ratifs, les logiciels libres, les publications scientifiques ouvertes et les autres biens communs rĂ©inventent la dĂ©mocratie. Comment les acteurs de ces nouveaux domaines peuvent-ils faire cause commune par-delĂ ce qui sĂ©pare les logiciels des ressources biologiques, ou lâart des sciences ? Comment lâinformation peut-elle servir les biens publics sociaux de la santĂ©, de lâĂ©ducation ou de la solidaritĂ© au lieu de contribuer Ă les dĂ©truire ? Quelles alliances peut-on envisager entre les sociĂ©tĂ©s et les Ătats, gardiens irremplaçables des biens communs Ă©puisables que sont lâeau ou lâair ? Quelle politique qui remette les ĂȘtres humains aux commandes de ces transformations ? D'abord publiĂ© chez Fayard en 2005, "Cause commune" est un virage dans la conception des biens communs et de la culture au temps du numĂ©rique. Il Ă©tait nĂ©cessaire de le rendre disponible en version Ă©lectronique. Il est prĂ©cĂ©dĂ© d'une prĂ©face inĂ©dite de l'auteur, resituant sa dĂ©marche dans un contexte oĂč tous les problĂšmes abordĂ©s ici sont encore exacerbĂ©s, et qu'il est dĂ©cisif de les considĂ©rer avec les outils et la rĂ©flexion nĂ©cessaires. NĂ© en 1949, Philippe Aigrain est un des fondateurs de La Quadrature du Net. Son site : DĂ©batsPublics.
Lâinformation et ses technologies refaçonnent notre univers technique, social et Ă©thique, mais ces bouleversements se font dans deux directions opposĂ©es selon que lâon choisit dâen encourager lâappropriation privĂ©e ou dâen faire des biens communs. Dâun cĂŽtĂ©, lâextension des domaines couverts par les brevets (molĂ©cules pharmaceutiques, variĂ©tĂ©s vĂ©gĂ©tales, sĂ©quences gĂ©nĂ©tiques, logiciels) restreint, pour le profit de quelques multinationales, lâaccĂšs Ă des ressources essentielles telles que les mĂ©dicaments, les semences et lâinformation. La concentration des mĂ©dias â notamment audiovisuels â menace la dĂ©mocratie lĂ oĂč elle existe. De lâautre cĂŽtĂ©, la production et le partage de lâinformation et des crĂ©ations sont plus libres quâavant, et la multiplication des Ă©changes esquisse une sociĂ©tĂ© mondiale, diverse et solidaire. Les mĂ©dias coopĂ©ratifs, les logiciels libres, les publications scientifiques ouvertes et les autres biens communs rĂ©inventent la dĂ©mocratie. Comment les acteurs de ces nouveaux domaines peuvent-ils faire cause commune par-delĂ ce qui sĂ©pare les logiciels des ressources biologiques, ou lâart des sciences ? Comment lâinformation peut-elle servir les biens publics sociaux de la santĂ©, de lâĂ©ducation ou de la solidaritĂ© au lieu de contribuer Ă les dĂ©truire ? Quelles alliances peut-on envisager entre les sociĂ©tĂ©s et les Ătats, gardiens irremplaçables des biens communs Ă©puisables que sont lâeau ou lâair ? Quelle politique qui remette les ĂȘtres humains aux commandes de ces transformations ? D'abord publiĂ© chez Fayard en 2005, "Cause commune" est un virage dans la conception des biens communs et de la culture au temps du numĂ©rique. Il Ă©tait nĂ©cessaire de le rendre disponible en version Ă©lectronique. Il est prĂ©cĂ©dĂ© d'une prĂ©face inĂ©dite de l'auteur, resituant sa dĂ©marche dans un contexte oĂč tous les problĂšmes abordĂ©s ici sont encore exacerbĂ©s, et qu'il est dĂ©cisif de les considĂ©rer avec les outils et la rĂ©flexion nĂ©cessaires. NĂ© en 1949, Philippe Aigrain est un des fondateurs de La Quadrature du Net. Son site : DĂ©batsPublics.