La religion des Romains a mauvaise rĂ©putation. ComparĂ©e aux religions universelles dites du Livre, elle paraĂźt dĂ©nuĂ©e dâintĂ©rĂȘt. Ignorant lâidĂ©e de rĂ©vĂ©lation, dĂ©pourvue de croyances et de dogmes, elle ne se compose que de rites et dâobligations rituelles. Câest prĂ©cisĂ©ment ce ritualisme qui a longtemps Ă©tĂ© mal compris, voire mĂ©prisĂ©. Or rites et sacrifices peuvent manifester une pensĂ©e thĂ©ologique ou philosophique implicite : ils mettent en scĂšne les hiĂ©rarchies qui existent dans ce monde ci et dans lâau-delĂ , entre les hommes et les dieux, entre les dieux eux-mĂȘmes, et entre leurs partenaires humains. Ainsi, la dĂ©coupe dâun bĆuf, lâordre de distribution des parts de viande ou mĂȘme la maniĂšre de les consommer en disent long sur les relations entre les dieux et les humains.
La religion des Romains a mauvaise rĂ©putation. ComparĂ©e aux religions universelles dites du Livre, elle paraĂźt dĂ©nuĂ©e dâintĂ©rĂȘt. Ignorant lâidĂ©e de rĂ©vĂ©lation, dĂ©pourvue de croyances et de dogmes, elle ne se compose que de rites et dâobligations rituelles. Câest prĂ©cisĂ©ment ce ritualisme qui a longtemps Ă©tĂ© mal compris, voire mĂ©prisĂ©. Or rites et sacrifices peuvent manifester une pensĂ©e thĂ©ologique ou philosophique implicite : ils mettent en scĂšne les hiĂ©rarchies qui existent dans ce monde ci et dans lâau-delĂ , entre les hommes et les dieux, entre les dieux eux-mĂȘmes, et entre leurs partenaires humains. Ainsi, la dĂ©coupe dâun bĆuf, lâordre de distribution des parts de viande ou mĂȘme la maniĂšre de les consommer en disent long sur les relations entre les dieux et les humains.