Le monde des dieux est une construction humaine, certes organisĂ©e, mais instable. Sans cesse mis en question et reconfigurĂ©, il offre au regard de lâhistorien une plasticitĂ© qui est dâautant plus manifeste en contexte polythĂ©iste. Car ces systĂšmes religieux ne sâappuient pas sur une reprĂ©sentation dogmatique issue de textes rĂ©vĂ©lĂ©s ou dâune autoritĂ© centrale. Des Ă©laborations et des ajustements y sont sans cesse Ă lâoeuvre, selon des opĂ©rations pragmatiques que, avec LĂ©vi-Strauss, on qualifiera de âbricolagesâ. Lâenjeu de cette dynamique de la âfabriqueâ du divin nâest rien moins que notre comprĂ©hension de chaque divinitĂ© en particulier - comment et pourquoi fait-on un dieu, ce dieu, tous les dieux, ou le dieu ? - et notre capacitĂ© Ă rendre compte des structurations et fonctionnements de ces ensembles complexes qui ont bel et bien une histoire. En quoi, par exemple, le genre littĂ©raire est-il crĂ©ateur de reprĂ©sentation, et de quel type de reprĂ©sentation, diffĂ©rente de celle que construirait un autre registre dâexpression ? En quoi les formes rhĂ©toriques ou iconographiques conditionnent-elles la reprĂ©sentation du divin et en sont-elles des facteurs de fixation ou dâĂ©volution ? Comment le rituel est-il Ă mĂȘme de modifier lâimage dâun dieu, et pas seulement dâinformer sur lui ? Comment les artisans crĂ©ateurs dâimages sont-ils capables, par leurs oeuvres, dâouvrir Ă de nouvelles interprĂ©tations des divinitĂ©s, tout en Ă©tant tenus de respecter une figuration reconnaissable, voire attendue, par les fidĂšles ? LâĂ©rudition Ă lâoeuvre dans des cercles dâintellectuels a-t-elle un impact sur la reprĂ©sentation des dieux en contexte rituel ? Autant de questions qui relĂšvent des processus par lesquels le divin se âfabriqueâ et que le prĂ©sent volume pose dans diverses aires culturelles de lâAntiquitĂ© mĂ©diterranĂ©enne.
Le monde des dieux est une construction humaine, certes organisĂ©e, mais instable. Sans cesse mis en question et reconfigurĂ©, il offre au regard de lâhistorien une plasticitĂ© qui est dâautant plus manifeste en contexte polythĂ©iste. Car ces systĂšmes religieux ne sâappuient pas sur une reprĂ©sentation dogmatique issue de textes rĂ©vĂ©lĂ©s ou dâune autoritĂ© centrale. Des Ă©laborations et des ajustements y sont sans cesse Ă lâoeuvre, selon des opĂ©rations pragmatiques que, avec LĂ©vi-Strauss, on qualifiera de âbricolagesâ. Lâenjeu de cette dynamique de la âfabriqueâ du divin nâest rien moins que notre comprĂ©hension de chaque divinitĂ© en particulier - comment et pourquoi fait-on un dieu, ce dieu, tous les dieux, ou le dieu ? - et notre capacitĂ© Ă rendre compte des structurations et fonctionnements de ces ensembles complexes qui ont bel et bien une histoire. En quoi, par exemple, le genre littĂ©raire est-il crĂ©ateur de reprĂ©sentation, et de quel type de reprĂ©sentation, diffĂ©rente de celle que construirait un autre registre dâexpression ? En quoi les formes rhĂ©toriques ou iconographiques conditionnent-elles la reprĂ©sentation du divin et en sont-elles des facteurs de fixation ou dâĂ©volution ? Comment le rituel est-il Ă mĂȘme de modifier lâimage dâun dieu, et pas seulement dâinformer sur lui ? Comment les artisans crĂ©ateurs dâimages sont-ils capables, par leurs oeuvres, dâouvrir Ă de nouvelles interprĂ©tations des divinitĂ©s, tout en Ă©tant tenus de respecter une figuration reconnaissable, voire attendue, par les fidĂšles ? LâĂ©rudition Ă lâoeuvre dans des cercles dâintellectuels a-t-elle un impact sur la reprĂ©sentation des dieux en contexte rituel ? Autant de questions qui relĂšvent des processus par lesquels le divin se âfabriqueâ et que le prĂ©sent volume pose dans diverses aires culturelles de lâAntiquitĂ© mĂ©diterranĂ©enne.