Le droit a son propre langage, et mĂȘme plusieurs. La circulation des droits dâun pays Ă un autre, dâune Ă©poque Ă lâautre, suppose la possibilitĂ© de pouvoir saisir ce droit voyageur. Pour traverser les frontiĂšres et les Ăąges, il doit ĂȘtre traduit. Mais que traduit-on lorsquâon traduit le droit ? La diffĂ©rence fondamentale formulĂ©e par Ferdinand de Saussure â entre sens (contenu intrinsĂšque du terme) et valeur (contenu du terme tel quâil rĂ©sulte des relations quâil entretient avec dâautres termes relevant dâun mĂȘme systĂšme linguistique) dâun mot â prend une dimension toute particuliĂšre dans le domaine juridique : ce qui y distingue le sens de la valeur nâest pas seulement lâintĂ©gration du mot dans un systĂšme linguistique donnĂ©, mais aussi et surtout dans un systĂšme juridique spĂ©cifique. La question de la traduction juridique sâentend donc en rĂ©alitĂ© Ă plusieurs niveaux. Il nây est pas seulement question de traduire les mots du droit ; sây mĂȘlent aussi la question de la possibilitĂ© de traduire la distance quâentretient la langue juridique avec la langue commune au sein de chaque systĂšme linguistique, et celle de la capacitĂ© Ă transcrire les rĂ©alitĂ©s juridiques inhĂ©rentes Ă un systĂšme juridique dans des langues par lesquelles se pensent et se formulent des rĂšgles auxquels ces rĂ©alitĂ©s sont Ă©trangĂšres. Historiens du droit et comparatistes sont sans cesse confrontĂ©s Ă cette passionnante mais redoutable difficultĂ©. Lâambition du colloque Ă©tait de questionner les pratiques multiples de la traduction juridique, Ă la fois dans leur Ă©paisseur historique et dans leur amplitude transfrontaliĂšre. Asseoir lâautoritĂ©, Ă©tablir le dialogue et diffuser le savoir ont Ă©tĂ© les trois temps autour desquels se sont articulĂ©s les interventions acadĂ©miques et retours dâexpĂ©rience multiples.
Le droit a son propre langage, et mĂȘme plusieurs. La circulation des droits dâun pays Ă un autre, dâune Ă©poque Ă lâautre, suppose la possibilitĂ© de pouvoir saisir ce droit voyageur. Pour traverser les frontiĂšres et les Ăąges, il doit ĂȘtre traduit. Mais que traduit-on lorsquâon traduit le droit ? La diffĂ©rence fondamentale formulĂ©e par Ferdinand de Saussure â entre sens (contenu intrinsĂšque du terme) et valeur (contenu du terme tel quâil rĂ©sulte des relations quâil entretient avec dâautres termes relevant dâun mĂȘme systĂšme linguistique) dâun mot â prend une dimension toute particuliĂšre dans le domaine juridique : ce qui y distingue le sens de la valeur nâest pas seulement lâintĂ©gration du mot dans un systĂšme linguistique donnĂ©, mais aussi et surtout dans un systĂšme juridique spĂ©cifique. La question de la traduction juridique sâentend donc en rĂ©alitĂ© Ă plusieurs niveaux. Il nây est pas seulement question de traduire les mots du droit ; sây mĂȘlent aussi la question de la possibilitĂ© de traduire la distance quâentretient la langue juridique avec la langue commune au sein de chaque systĂšme linguistique, et celle de la capacitĂ© Ă transcrire les rĂ©alitĂ©s juridiques inhĂ©rentes Ă un systĂšme juridique dans des langues par lesquelles se pensent et se formulent des rĂšgles auxquels ces rĂ©alitĂ©s sont Ă©trangĂšres. Historiens du droit et comparatistes sont sans cesse confrontĂ©s Ă cette passionnante mais redoutable difficultĂ©. Lâambition du colloque Ă©tait de questionner les pratiques multiples de la traduction juridique, Ă la fois dans leur Ă©paisseur historique et dans leur amplitude transfrontaliĂšre. Asseoir lâautoritĂ©, Ă©tablir le dialogue et diffuser le savoir ont Ă©tĂ© les trois temps autour desquels se sont articulĂ©s les interventions acadĂ©miques et retours dâexpĂ©rience multiples.