Psychiatrie pluridimensionnelle - Georges Abraham

By Georges Abraham

Release Date: 1979-01-01

Genre: Social Science

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La science nous a toujours paru comme un fondement de valeurs sĂ»res.. Elle nous a garanti l’honnĂȘtetĂ© dans la recherche, une bontĂ© implicite dans ses buts et la certitude du progrĂšs. Elle est arrivĂ©e Ă  nous fournir le sens de l’absolu et la signification la plus concrĂšte de l’humain. Depuis quelque temps cependant, le mythe de la science s’effrite : elle est accusĂ©e, entre autres, de cautionner des manipulations gĂ©nĂ©tiques qui dĂ©truiraient l’individualitĂ©, et d’avoir fabriquĂ© la bombe atomique qui pourrait supprimer l’humanitĂ© tout entiĂšre. La science ne semble plus capable de nous assurer un absolu rĂ©confortant, et cette relativitĂ© qui imprĂšgne les hypothĂšses, les modĂšles et les rĂ©sultats de toute recherche, est vĂ©cue comme une dĂ©chĂ©ance, une mystification. Mais Ă  la base de ces transformations, il y a une profonde interrogation : il n’est plus question de croire Ă  une seule vĂ©ritĂ©, et les concepts mĂȘmes sont remis en cause. Il en est ainsi pour l’un des piliers de la science : la mĂ©decine, dont les certitudes et les valeurs sont devenues indĂ©terminations et questionnements. Et dans le cadre de la mĂ©decine, la psychiatrie semblerait nous offrir Ă  son tour une disponibilitĂ© particuliĂšre pour une remise en cause radicale. Parce qu’elle est caractĂ©risĂ©e par des limites estompĂ©es, par une pathologie et une clinique essentiellement variables et diverses, par le polymorphisme. Le psychiatre peut, en quelque sorte, guider les nouvelles orientations de la pensĂ©e mĂ©dicale, maintenir l’élan pour une transformation radicale, et aider Ă  dĂ©finir une mĂ©decine plus sensible Ă  des nĂ©cessitĂ©s qui dĂ©passent la seule Ă©limination de la souffrance et des symptĂŽmes. Une mĂ©decine moins idĂ©alisĂ©e certes, mais peut-ĂȘtre davantage prĂȘte Ă  rĂ©pondre Ă  nos questions essentielles.

Psychiatrie pluridimensionnelle - Georges Abraham

By Georges Abraham

Release Date: 1979-01-01

Genre: Social Science

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La science nous a toujours paru comme un fondement de valeurs sĂ»res.. Elle nous a garanti l’honnĂȘtetĂ© dans la recherche, une bontĂ© implicite dans ses buts et la certitude du progrĂšs. Elle est arrivĂ©e Ă  nous fournir le sens de l’absolu et la signification la plus concrĂšte de l’humain. Depuis quelque temps cependant, le mythe de la science s’effrite : elle est accusĂ©e, entre autres, de cautionner des manipulations gĂ©nĂ©tiques qui dĂ©truiraient l’individualitĂ©, et d’avoir fabriquĂ© la bombe atomique qui pourrait supprimer l’humanitĂ© tout entiĂšre. La science ne semble plus capable de nous assurer un absolu rĂ©confortant, et cette relativitĂ© qui imprĂšgne les hypothĂšses, les modĂšles et les rĂ©sultats de toute recherche, est vĂ©cue comme une dĂ©chĂ©ance, une mystification. Mais Ă  la base de ces transformations, il y a une profonde interrogation : il n’est plus question de croire Ă  une seule vĂ©ritĂ©, et les concepts mĂȘmes sont remis en cause. Il en est ainsi pour l’un des piliers de la science : la mĂ©decine, dont les certitudes et les valeurs sont devenues indĂ©terminations et questionnements. Et dans le cadre de la mĂ©decine, la psychiatrie semblerait nous offrir Ă  son tour une disponibilitĂ© particuliĂšre pour une remise en cause radicale. Parce qu’elle est caractĂ©risĂ©e par des limites estompĂ©es, par une pathologie et une clinique essentiellement variables et diverses, par le polymorphisme. Le psychiatre peut, en quelque sorte, guider les nouvelles orientations de la pensĂ©e mĂ©dicale, maintenir l’élan pour une transformation radicale, et aider Ă  dĂ©finir une mĂ©decine plus sensible Ă  des nĂ©cessitĂ©s qui dĂ©passent la seule Ă©limination de la souffrance et des symptĂŽmes. Une mĂ©decine moins idĂ©alisĂ©e certes, mais peut-ĂȘtre davantage prĂȘte Ă  rĂ©pondre Ă  nos questions essentielles.

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