LâĂ©rotisme mĂȘle ici ses sueurs aux humiditĂ©s de la lagune, ses odeurs aux Ă©manations de la mer. Mais si Michel Bernard excelle Ă peindre des voluptĂ©s, des grotesques, des dĂ©lires, des triomphes, que la phrase accompagne savamment, ce qui hante le livre et lâhabite, ce ne sont ni les rĂ©jouissances charnelles, ni les renaissances du passĂ©, bien quâil y baigne. Une recherche plus gĂ©nĂ©rale, une interrogation aussi actuelle que possible y perce et sâimpose : la toile blanche, dont le vertige Ă©claire le dĂ©but et la fin du livre. Le peintre devra sây mesurer, sây dĂ©finir tout entier. Par la rĂ©-invention des Courtisanes de Carpaccio - largement Ă©panouies, dĂ©multipliĂ©es Ă la fois dans le chef-dâĆuvre du passĂ©, dans la Venise rĂ©elle et insolite, et dĂ©jĂ Ă travers le tableau qui nâest pas mais qui va ĂȘtre - ressuscite le drame mĂȘme de la crĂ©ation. Faut-il le dire pourtant ? Nâen dĂ©plaise aux innombrables amateurs du dĂ©sespoir : soit Ă cause de lâĂ©vident plaisir de lâĂ©criture, soit plus encore parce que toute crĂ©ation, fĂ»t-elle accompagnĂ©e de tortures, reste notre plus fervent exercice (et avec lâamour, peut-ĂȘtre notre seul exercice vrai), voici enfin, dâun bout Ă lâautre, un livre heureux. Câest le neuviĂšme roman de Michel Bernard.
LâĂ©rotisme mĂȘle ici ses sueurs aux humiditĂ©s de la lagune, ses odeurs aux Ă©manations de la mer. Mais si Michel Bernard excelle Ă peindre des voluptĂ©s, des grotesques, des dĂ©lires, des triomphes, que la phrase accompagne savamment, ce qui hante le livre et lâhabite, ce ne sont ni les rĂ©jouissances charnelles, ni les renaissances du passĂ©, bien quâil y baigne. Une recherche plus gĂ©nĂ©rale, une interrogation aussi actuelle que possible y perce et sâimpose : la toile blanche, dont le vertige Ă©claire le dĂ©but et la fin du livre. Le peintre devra sây mesurer, sây dĂ©finir tout entier. Par la rĂ©-invention des Courtisanes de Carpaccio - largement Ă©panouies, dĂ©multipliĂ©es Ă la fois dans le chef-dâĆuvre du passĂ©, dans la Venise rĂ©elle et insolite, et dĂ©jĂ Ă travers le tableau qui nâest pas mais qui va ĂȘtre - ressuscite le drame mĂȘme de la crĂ©ation. Faut-il le dire pourtant ? Nâen dĂ©plaise aux innombrables amateurs du dĂ©sespoir : soit Ă cause de lâĂ©vident plaisir de lâĂ©criture, soit plus encore parce que toute crĂ©ation, fĂ»t-elle accompagnĂ©e de tortures, reste notre plus fervent exercice (et avec lâamour, peut-ĂȘtre notre seul exercice vrai), voici enfin, dâun bout Ă lâautre, un livre heureux. Câest le neuviĂšme roman de Michel Bernard.