Je rirai le dernier - Jean Le Poulain

By Jean Le Poulain

Release Date: 1977-01-01

Genre: Fiction & Literature

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Comment peut-on ĂȘtre ‱ le Roi d’Aragon devant qui s’agenouille le Cid-GĂ©rard Philipe ; ‱ l’un des compagnons de Jean Vilar dans les grandes heures du T.N.P. ; ‱ le grand interprĂšte de Paul Claudel, dans l’Otage ; ‱ le Faiseur de Balzac, Volpone, de Jules Romains ; comment peut-on faire de la mise en scĂšne Ă  l’OpĂ©ra, animer le Festival d’Aix-en-Provence... Et tenir l’affiche au Boulevard comme le comique de service, le pitre officiel ? Jean Le Poulain entend ses amis s’étonner, ses ennemis (il n’en a pas) s’indigner. Quoi, la tragĂ©die s’accoupler Ă  la farce, le sĂ©rieux frĂ©quenter le “rigolo” ! Quelle honte, quelle mĂ©salliance ! Pour cet enfant terrible du théùtre, rien n’est plus naturel, et il confesse dans “Je rirai le dernier” qu’il est heureux d’ĂȘtre le jour et la nuit. TragĂ©dien du peuple et/ou Auguste des princes. Le Poulain est Ă  lui seul une commedia dell’arte. Il n’a pas seulement plusieurs visages, il change de tĂȘte tout simplement. CamĂ©lĂ©on, FrĂ©goli de notre temps, il laisse parler ici la sagesse du bouffon et l’innocence blessĂ©e de l’enfant qui dit que le roi est nu. Ces aspects contradictoires cachent une nature prodigue et une survitalitĂ© qui ne peuvent s’épanouir que dans le baroque, mais l’époque et le milieu oĂč il Ă©volue relĂšguent le rire dans le mode mineur et ne lui concĂšdent qu’une fonction digestive. Il se venge en faisant du canular son pain quotidien et en jouant Ă  la ville ce qu’il ne peut vivre Ă  la scĂšne. “On me comprend mal Ă  Paris, dit-il, parce que je suis moitiĂ© oriental, moitiĂ© occidental”. Il est Ă  la fois de Provence et d’Indochine. Du village de Gonfaron oĂč les Ăąnes volent et de cet ExtrĂȘme-Orient d’autrefois oĂč les Ă©lĂ©phants emportaient les enfants sur leur dos. Huron d’un nouveau monde crĂȘpĂ© de sĂ©rieux, oĂč le ridicule ne tue plus, Jean Le Poulain, Ă  jeu dĂ©couvert, sort du tarot la carte du bateleur et y grave son Ă©pitaphe : “Je rirai le dernier”.

Je rirai le dernier - Jean Le Poulain

By Jean Le Poulain

Release Date: 1977-01-01

Genre: Fiction & Literature

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Comment peut-on ĂȘtre ‱ le Roi d’Aragon devant qui s’agenouille le Cid-GĂ©rard Philipe ; ‱ l’un des compagnons de Jean Vilar dans les grandes heures du T.N.P. ; ‱ le grand interprĂšte de Paul Claudel, dans l’Otage ; ‱ le Faiseur de Balzac, Volpone, de Jules Romains ; comment peut-on faire de la mise en scĂšne Ă  l’OpĂ©ra, animer le Festival d’Aix-en-Provence... Et tenir l’affiche au Boulevard comme le comique de service, le pitre officiel ? Jean Le Poulain entend ses amis s’étonner, ses ennemis (il n’en a pas) s’indigner. Quoi, la tragĂ©die s’accoupler Ă  la farce, le sĂ©rieux frĂ©quenter le “rigolo” ! Quelle honte, quelle mĂ©salliance ! Pour cet enfant terrible du théùtre, rien n’est plus naturel, et il confesse dans “Je rirai le dernier” qu’il est heureux d’ĂȘtre le jour et la nuit. TragĂ©dien du peuple et/ou Auguste des princes. Le Poulain est Ă  lui seul une commedia dell’arte. Il n’a pas seulement plusieurs visages, il change de tĂȘte tout simplement. CamĂ©lĂ©on, FrĂ©goli de notre temps, il laisse parler ici la sagesse du bouffon et l’innocence blessĂ©e de l’enfant qui dit que le roi est nu. Ces aspects contradictoires cachent une nature prodigue et une survitalitĂ© qui ne peuvent s’épanouir que dans le baroque, mais l’époque et le milieu oĂč il Ă©volue relĂšguent le rire dans le mode mineur et ne lui concĂšdent qu’une fonction digestive. Il se venge en faisant du canular son pain quotidien et en jouant Ă  la ville ce qu’il ne peut vivre Ă  la scĂšne. “On me comprend mal Ă  Paris, dit-il, parce que je suis moitiĂ© oriental, moitiĂ© occidental”. Il est Ă  la fois de Provence et d’Indochine. Du village de Gonfaron oĂč les Ăąnes volent et de cet ExtrĂȘme-Orient d’autrefois oĂč les Ă©lĂ©phants emportaient les enfants sur leur dos. Huron d’un nouveau monde crĂȘpĂ© de sĂ©rieux, oĂč le ridicule ne tue plus, Jean Le Poulain, Ă  jeu dĂ©couvert, sort du tarot la carte du bateleur et y grave son Ă©pitaphe : “Je rirai le dernier”.

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