Le malheur de Louis XVI fut dâaccĂ©der au trĂŽne Ă une Ă©poque oĂč il Ă©tait impossible de lâoccuper sans faire exactement lâinverse de ce que rĂ©clamaient les Français, tant il est vrai que ce que le peuple demande est rarement ce quâil veut. Les Français Ă©taient grisĂ©s du mot de « libertĂ© », mais chaque libertĂ© rĂ©elle que Louis XVI leur accordait cessait de leur plaire dĂšs quâils en jouissaient et le joug, dont ils avaient tout loisir de se plaindre, leur devenait dâautant plus intolĂ©rable quâil sâallĂ©geait. Sous ses prĂ©dĂ©cesseurs, remarquait Soulavie, un de ses sujets tardivement repentis, le monarque Ă©tait lâobjet du culte des Français ; sous Louis XVI, les Français devinrent lâobjet du culte du monarque. Ainsi lâamour, en changeant de camp, avait-il prĂ©ludĂ© au divorce entre le roi et la nation. Livre de justice et de rĂ©paration, Ă©crivit Bernard FaĂż lorsque, voilĂ plus de vingt ans, il me dĂ©dicaça un exemplaire de Louis XVI ou la fin dâun monde que les Ăditions de la Table Ronde ont lâexcellente idĂ©e de rééditer. La modestie de Bernard FaĂż lâempĂȘchait : dâajouter : « le meilleur livre sur Louis XVI ». Il mâappartient de le dire aujourdâhui.
Le malheur de Louis XVI fut dâaccĂ©der au trĂŽne Ă une Ă©poque oĂč il Ă©tait impossible de lâoccuper sans faire exactement lâinverse de ce que rĂ©clamaient les Français, tant il est vrai que ce que le peuple demande est rarement ce quâil veut. Les Français Ă©taient grisĂ©s du mot de « libertĂ© », mais chaque libertĂ© rĂ©elle que Louis XVI leur accordait cessait de leur plaire dĂšs quâils en jouissaient et le joug, dont ils avaient tout loisir de se plaindre, leur devenait dâautant plus intolĂ©rable quâil sâallĂ©geait. Sous ses prĂ©dĂ©cesseurs, remarquait Soulavie, un de ses sujets tardivement repentis, le monarque Ă©tait lâobjet du culte des Français ; sous Louis XVI, les Français devinrent lâobjet du culte du monarque. Ainsi lâamour, en changeant de camp, avait-il prĂ©ludĂ© au divorce entre le roi et la nation. Livre de justice et de rĂ©paration, Ă©crivit Bernard FaĂż lorsque, voilĂ plus de vingt ans, il me dĂ©dicaça un exemplaire de Louis XVI ou la fin dâun monde que les Ăditions de la Table Ronde ont lâexcellente idĂ©e de rééditer. La modestie de Bernard FaĂż lâempĂȘchait : dâajouter : « le meilleur livre sur Louis XVI ». Il mâappartient de le dire aujourdâhui.