Au cĆur de la forĂȘt allemande, les oiseaux se taisent. Les daims, derriĂšre les halliers, tremblent, pĂ©trifiĂ©s, sur leurs pattes de verre et, dans le miroir humide de leurs larges yeux aux cils ras, vogue le chevalier de fer et dâeffroi. Ils ne bougent pas. La fuite est impossible quand vibre trop aigu â jusquâĂ son effilement dans le silence absolu â le cri de cristal de la terreur. Un liĂšvre aussi le regarde passer dont le cĆur tonne plus sourd et cogne plus vite. Un bloc de vie prĂȘt Ă jaillir. Une peur qui se ramasse pour mieux exploser. Lâoiseau, le daim, le liĂšvre, toutes crĂ©atures de panique, tassĂ©es au creux de la forĂȘt, regardent passer le chevalier solennel. Le vent lui-mĂȘme sâest arrĂȘtĂ© de souffler et les arbres sont attentifs de toutes leurs feuilles, de tous les nĆuds de leur tronc et certainement de toute leur sĂšve qui dans leurs veines se glace. La forĂȘt est cette foule silencieuse qui sâouvre sur le passage du grand criminel sâavançant vers lâĂ©chafaud dressĂ© sur la place, lĂ -bas. Au pied duquel le bourreau et ses aides attendent, bras croisĂ©s. Et ils Ă©taient appelĂ©s, au XIXe siĂšcle, je ne sais pourquoi : « Les hussards de la veuve »... La foule qui sâouvre aussi comme marche le hĂ©ros.
Au cĆur de la forĂȘt allemande, les oiseaux se taisent. Les daims, derriĂšre les halliers, tremblent, pĂ©trifiĂ©s, sur leurs pattes de verre et, dans le miroir humide de leurs larges yeux aux cils ras, vogue le chevalier de fer et dâeffroi. Ils ne bougent pas. La fuite est impossible quand vibre trop aigu â jusquâĂ son effilement dans le silence absolu â le cri de cristal de la terreur. Un liĂšvre aussi le regarde passer dont le cĆur tonne plus sourd et cogne plus vite. Un bloc de vie prĂȘt Ă jaillir. Une peur qui se ramasse pour mieux exploser. Lâoiseau, le daim, le liĂšvre, toutes crĂ©atures de panique, tassĂ©es au creux de la forĂȘt, regardent passer le chevalier solennel. Le vent lui-mĂȘme sâest arrĂȘtĂ© de souffler et les arbres sont attentifs de toutes leurs feuilles, de tous les nĆuds de leur tronc et certainement de toute leur sĂšve qui dans leurs veines se glace. La forĂȘt est cette foule silencieuse qui sâouvre sur le passage du grand criminel sâavançant vers lâĂ©chafaud dressĂ© sur la place, lĂ -bas. Au pied duquel le bourreau et ses aides attendent, bras croisĂ©s. Et ils Ă©taient appelĂ©s, au XIXe siĂšcle, je ne sais pourquoi : « Les hussards de la veuve »... La foule qui sâouvre aussi comme marche le hĂ©ros.