21, rue de la Pente-Rapide - Henri Coupon

By Henri Coupon

Release Date: 1997-01-01

Genre: Fiction & Literature

(0 ratings)
Je ne savais et ne sais toujours pas grand-chose de ma famille. DĂ©jĂ  unis pour le meilleur et, hĂ©las, pour le pire, mes parents Ă©taient arrivĂ©s de Pologne aprĂšs l’autre guerre et j’étais venu au monde dans l’arriĂšre boutique. Nous Ă©tions dans la fourrure. Ma petite sƓur Leah, qui ne m’est plus qu’un souvenir lointain, Ă©tait nĂ©e plus tard alors que la boutique Ă©tait devenue un magasin prospĂšre de la rue Saint FerrĂ©ol. La lĂ©gislation antisĂ©mite du bon MarĂ©chal de France nous l’avait confisquĂ©, l’arrivĂ©e des nazis en zone non occupĂ©e nous faisant quitter Marseille pour Malsol. L’idĂ©e de m’y faire enterrer me vint en quittant l’hĂŽpital. Il ne me fut pas dĂ©sagrĂ©able de penser y acquĂ©rir un bout de terrain. Quelque chose de modeste, six mĂštres carrĂ©s dans le cimetiĂšre. A la mairie je fus trĂšs bien reçu et le nom de Kourski, aussi exotique qu’il soit, ne rappela rien. Un demi-siĂšcle s’était Ă©coulĂ©, il n’y avait rien d’étonnant Ă  cela. Qui pouvait encore se soucier d’une famille Ă©trangĂšre au pays ? C’est ce qui me vint spontanĂ©ment Ă  l’esprit mais confusĂ©ment cela ne me satisfit pas. L’arrestation d’une famille entiĂšre dont une enfant de sept ans aurait dĂ» laisser une trace dans la mĂ©moire collective du village.

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Genre: Fiction & Literature

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Je ne savais et ne sais toujours pas grand-chose de ma famille. DĂ©jĂ  unis pour le meilleur et, hĂ©las, pour le pire, mes parents Ă©taient arrivĂ©s de Pologne aprĂšs l’autre guerre et j’étais venu au monde dans l’arriĂšre boutique. Nous Ă©tions dans la fourrure. Ma petite sƓur Leah, qui ne m’est plus qu’un souvenir lointain, Ă©tait nĂ©e plus tard alors que la boutique Ă©tait devenue un magasin prospĂšre de la rue Saint FerrĂ©ol. La lĂ©gislation antisĂ©mite du bon MarĂ©chal de France nous l’avait confisquĂ©, l’arrivĂ©e des nazis en zone non occupĂ©e nous faisant quitter Marseille pour Malsol. L’idĂ©e de m’y faire enterrer me vint en quittant l’hĂŽpital. Il ne me fut pas dĂ©sagrĂ©able de penser y acquĂ©rir un bout de terrain. Quelque chose de modeste, six mĂštres carrĂ©s dans le cimetiĂšre. A la mairie je fus trĂšs bien reçu et le nom de Kourski, aussi exotique qu’il soit, ne rappela rien. Un demi-siĂšcle s’était Ă©coulĂ©, il n’y avait rien d’étonnant Ă  cela. Qui pouvait encore se soucier d’une famille Ă©trangĂšre au pays ? C’est ce qui me vint spontanĂ©ment Ă  l’esprit mais confusĂ©ment cela ne me satisfit pas. L’arrestation d’une famille entiĂšre dont une enfant de sept ans aurait dĂ» laisser une trace dans la mĂ©moire collective du village.

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