Ce livre rassemble des textes politiques et littĂ©raires (certains inĂ©dits) Ă©crits par Daniel Rondeau depuis 1984 jusquâĂ nos jours. Au dĂ©but des annĂ©es 70, lâauteur avait passĂ© quatre annĂ©es de sa vie Ă lâusine comme Ă©tabli. Ayant quittĂ© lâusine et le militantisme (aprĂšs constat de mission impossible), il fait lâexpĂ©rience du dĂ©senchantement, sans jamais renoncer Ă comprendre son temps. AccrochĂ© Ă la barre de son arche de papier, il renoue avec la politique, la plume Ă la main, pour des causes (Pologne, Liban, Sarajevo - Belgrade, boat people de MĂ©diterranĂ©e, chrĂ©tiens dâOrient, Tombouctou, indĂ©pendance de lâEurope, les banlieues abandonnĂ©s) menacĂ©es par lâindiffĂ©rence ou le mensonge.Lâobsession de lâEurope apparait dĂšs les premiers textes (1984). Pas celle des quotas laitiers : lâEurope des livres et des Ă©crivains. La littĂ©rature et la culture, oubliĂ©es par les politiques, ont fait de notre continent une terre de civilitĂ©, engloutie par un dĂ©sastre qui dure et se renouvelle. LâEurope sans Ăąme et sans histoire quâils nous ont faite et que nous avons laissĂ© faire est vouĂ©e Ă la dislocation ou Ă la servitude.Tous ces textes parlent bien sĂ»r de la globalisation. Nous sommes connectĂ©s avec le monde entier alors que notre passĂ©, criblĂ© au laser de lâanachronisme permanent, crĂ©ditĂ© de nombreux crimes, est dĂ©fĂ©rĂ© au tribunal du prĂ©sent, qui en destitue les hĂ©ros et ordonne le dĂ©boulonnage de nos statues. Ce double mouvement, connexion / dĂ©construction, fonctionne comme une machine Ă fabriquer des Ă©garĂ©s. Sur tous les continents, mais principalement en Europe, des provinces dĂ©membrĂ©es de vieux pays, archipels intĂ©rieurs de pauvretĂ© et de souffrance, nouveaux dĂ©serts pour lâesprit et le cĆur, disparaissent des tableaux dâaffichage de la mondialisation, en mĂȘme temps que la remise en cause du passĂ© nous ampute dâune part fondatrice de nous-mĂȘmes. La planĂšte rĂ©trĂ©cie, banalisĂ©e, dĂ©poĂ©tisĂ©e est laminĂ©e par les rouleaux compresseurs de lâuniformitĂ©. Rondeau Ă©crit avec sa raison et avec son cĆur. Cette alliance de la raison et du cĆur nâa pas cessĂ© dâexister, depuis Dom Mabillon, cet historien du XVIIĂšme siĂšcle qui, de sa bibliothĂšque de Saint-Germain-des-PrĂ©s, fit rayonner dans toute lâEurope une façon française de penser et dâĂ©crire lâhistoire, jusquâĂ Albert Camus.
Ce livre rassemble des textes politiques et littĂ©raires (certains inĂ©dits) Ă©crits par Daniel Rondeau depuis 1984 jusquâĂ nos jours. Au dĂ©but des annĂ©es 70, lâauteur avait passĂ© quatre annĂ©es de sa vie Ă lâusine comme Ă©tabli. Ayant quittĂ© lâusine et le militantisme (aprĂšs constat de mission impossible), il fait lâexpĂ©rience du dĂ©senchantement, sans jamais renoncer Ă comprendre son temps. AccrochĂ© Ă la barre de son arche de papier, il renoue avec la politique, la plume Ă la main, pour des causes (Pologne, Liban, Sarajevo - Belgrade, boat people de MĂ©diterranĂ©e, chrĂ©tiens dâOrient, Tombouctou, indĂ©pendance de lâEurope, les banlieues abandonnĂ©s) menacĂ©es par lâindiffĂ©rence ou le mensonge.Lâobsession de lâEurope apparait dĂšs les premiers textes (1984). Pas celle des quotas laitiers : lâEurope des livres et des Ă©crivains. La littĂ©rature et la culture, oubliĂ©es par les politiques, ont fait de notre continent une terre de civilitĂ©, engloutie par un dĂ©sastre qui dure et se renouvelle. LâEurope sans Ăąme et sans histoire quâils nous ont faite et que nous avons laissĂ© faire est vouĂ©e Ă la dislocation ou Ă la servitude.Tous ces textes parlent bien sĂ»r de la globalisation. Nous sommes connectĂ©s avec le monde entier alors que notre passĂ©, criblĂ© au laser de lâanachronisme permanent, crĂ©ditĂ© de nombreux crimes, est dĂ©fĂ©rĂ© au tribunal du prĂ©sent, qui en destitue les hĂ©ros et ordonne le dĂ©boulonnage de nos statues. Ce double mouvement, connexion / dĂ©construction, fonctionne comme une machine Ă fabriquer des Ă©garĂ©s. Sur tous les continents, mais principalement en Europe, des provinces dĂ©membrĂ©es de vieux pays, archipels intĂ©rieurs de pauvretĂ© et de souffrance, nouveaux dĂ©serts pour lâesprit et le cĆur, disparaissent des tableaux dâaffichage de la mondialisation, en mĂȘme temps que la remise en cause du passĂ© nous ampute dâune part fondatrice de nous-mĂȘmes. La planĂšte rĂ©trĂ©cie, banalisĂ©e, dĂ©poĂ©tisĂ©e est laminĂ©e par les rouleaux compresseurs de lâuniformitĂ©. Rondeau Ă©crit avec sa raison et avec son cĆur. Cette alliance de la raison et du cĆur nâa pas cessĂ© dâexister, depuis Dom Mabillon, cet historien du XVIIĂšme siĂšcle qui, de sa bibliothĂšque de Saint-Germain-des-PrĂ©s, fit rayonner dans toute lâEurope une façon française de penser et dâĂ©crire lâhistoire, jusquâĂ Albert Camus.