Pourquoi une nouvelle biographie de Hitler, alors que les publications sur le nazisme (histoire politique, sociale, Ă©conomique, culturelle, des idĂ©es, etc.) se multiplient ? Alors que la centralitĂ© du gĂ©nocide dĂ©sormais dans lâĂ©tude du nazisme conduit depuis des dĂ©cennies Ă Ă©crire une histoire en termes de processus, de dĂ©cisions, de mobilisation de toutes les administrations et institutions ? Ian Kershaw, auteur de la derniĂšre grande biographie de rĂ©fĂ©rence, dĂ©fendait la seule approche socio-historique : "Le biographe doit se concentrer non pas sur la personnalitĂ© de Hitler, mais carrĂ©ment et directement sur le caractĂšre de son pouvoir." Or toute histoire du nazisme, mĂȘme renouvelĂ©e, reconduit toujours aux visions, thĂ©ories et dĂ©cisions de Hitler. Il y a une centralitĂ© du FĂŒhrer Ă laquelle l'historien ne peut Ă©chapper, avec laquelle il doit se colleter. DĂ©magogue de premier ordre, comĂ©dien tout Ă fait douĂ© qui prĂ©parait minutieusement ses prestations, pratiquant Ă merveille lâart de la dissimulation, qui lui permit constamment de tromper partisans comme adversaires sur ses intentions, douĂ© dâune capacitĂ© dâapprĂ©hender et dâexploiter en un Ă©clair les situations favorables, Hitler se montra bien supĂ©rieur Ă tous les concurrents de son propre parti, mais aussi Ă tous les hommes politiques Ćuvrant dans les partis bourgeois. Son style dâexercice de pouvoir, singuliĂšrement improvisĂ© et personnalisĂ©, qui provoqua des conflits de compĂ©tence durables et une anarchie des services et des attributions, Ă©tait une mĂ©thode, maniĂ©e avec raffinement, visant Ă rendre de fait inattaquable sa propre position de pouvoir. MĂȘlant de maniĂšre inhabituelle lâunivers intime et lâunivers politique, il se mit en scĂšne comme un politicien qui avait renoncĂ© Ă tous les plaisirs personnels pour se placer entiĂšrement au service du "peuple et du Reich". Volker Ullrich reformule en termes nouveaux la question essentielle du pouvoir charismatique.
Pourquoi une nouvelle biographie de Hitler, alors que les publications sur le nazisme (histoire politique, sociale, Ă©conomique, culturelle, des idĂ©es, etc.) se multiplient ? Alors que la centralitĂ© du gĂ©nocide dĂ©sormais dans lâĂ©tude du nazisme conduit depuis des dĂ©cennies Ă Ă©crire une histoire en termes de processus, de dĂ©cisions, de mobilisation de toutes les administrations et institutions ? Ian Kershaw, auteur de la derniĂšre grande biographie de rĂ©fĂ©rence, dĂ©fendait la seule approche socio-historique : "Le biographe doit se concentrer non pas sur la personnalitĂ© de Hitler, mais carrĂ©ment et directement sur le caractĂšre de son pouvoir." Or toute histoire du nazisme, mĂȘme renouvelĂ©e, reconduit toujours aux visions, thĂ©ories et dĂ©cisions de Hitler. Il y a une centralitĂ© du FĂŒhrer Ă laquelle l'historien ne peut Ă©chapper, avec laquelle il doit se colleter. DĂ©magogue de premier ordre, comĂ©dien tout Ă fait douĂ© qui prĂ©parait minutieusement ses prestations, pratiquant Ă merveille lâart de la dissimulation, qui lui permit constamment de tromper partisans comme adversaires sur ses intentions, douĂ© dâune capacitĂ© dâapprĂ©hender et dâexploiter en un Ă©clair les situations favorables, Hitler se montra bien supĂ©rieur Ă tous les concurrents de son propre parti, mais aussi Ă tous les hommes politiques Ćuvrant dans les partis bourgeois. Son style dâexercice de pouvoir, singuliĂšrement improvisĂ© et personnalisĂ©, qui provoqua des conflits de compĂ©tence durables et une anarchie des services et des attributions, Ă©tait une mĂ©thode, maniĂ©e avec raffinement, visant Ă rendre de fait inattaquable sa propre position de pouvoir. MĂȘlant de maniĂšre inhabituelle lâunivers intime et lâunivers politique, il se mit en scĂšne comme un politicien qui avait renoncĂ© Ă tous les plaisirs personnels pour se placer entiĂšrement au service du "peuple et du Reich". Volker Ullrich reformule en termes nouveaux la question essentielle du pouvoir charismatique.