« Il a fallu centraliser tout le Savoir que les humains avaient acquis⊠et sacrifier ce qui nâĂ©tait pas utile Ă leur survie. Nous avons fabriquĂ© des robots et des machines qui servent notre espĂšce, des terminators qui gardent la frontiĂšre du monde vivant⊠Mais tout notre systĂšme, Professeur AllĂ©gat, tout notre systĂšme repose sur la distinction nette et non ambiguĂ« entre ceux qui survivent et ce qui sert. Entre lâhumain et la matiĂšre. Comprenez-vous cela ? insiste le vieil homme. â Parfaitement. â Alors, vous comprenez aussi en quoi la dĂ©couverte du docteur Fraudenstein nous met dans lâembarras. Que dire de cette chose, cet⊠â E.H.A. â Est-ce vivant ? Humain ? Va-t-il se reproduire ? Se cloner ? â A ce stade de son dĂ©veloppement, il nâen est pas encore question. â Pourtant, nous avons le devoir, en tant que responsables de la Banque des connaissances, de prĂ©voir ce quâil va advenir de « lâartificialitĂ© humaine », comme vous lâappelez. » Lorsque ce dialogue a lieu, il est dĂ©jĂ trop tard pour la communautĂ© scientifique : lâĂtre Humain Artificiel, créé par le docteur Fanny Fraudenstein dans le secret de son laboratoire en lâan 2026 sort dĂ©finitivement de lâĂ©tat de cobaye pour atteindre celui dâenfant. Un enfant, ça nâattend pas que les conflits soient rĂ©glĂ©s, les alliances passĂ©es, les budgets votĂ©s, pour dĂ©cider de sâaccrocher Ă la vie de toutes ses forces. Ăa sâempare de la plus petite parcelle de chaleur humaine, du moindre souffle de tendresse. Et, le moment venu, ça court trĂšs vite, trĂšs loin, trĂšs longtemps pour Ă©chapper Ă la Science.
« Il a fallu centraliser tout le Savoir que les humains avaient acquis⊠et sacrifier ce qui nâĂ©tait pas utile Ă leur survie. Nous avons fabriquĂ© des robots et des machines qui servent notre espĂšce, des terminators qui gardent la frontiĂšre du monde vivant⊠Mais tout notre systĂšme, Professeur AllĂ©gat, tout notre systĂšme repose sur la distinction nette et non ambiguĂ« entre ceux qui survivent et ce qui sert. Entre lâhumain et la matiĂšre. Comprenez-vous cela ? insiste le vieil homme. â Parfaitement. â Alors, vous comprenez aussi en quoi la dĂ©couverte du docteur Fraudenstein nous met dans lâembarras. Que dire de cette chose, cet⊠â E.H.A. â Est-ce vivant ? Humain ? Va-t-il se reproduire ? Se cloner ? â A ce stade de son dĂ©veloppement, il nâen est pas encore question. â Pourtant, nous avons le devoir, en tant que responsables de la Banque des connaissances, de prĂ©voir ce quâil va advenir de « lâartificialitĂ© humaine », comme vous lâappelez. » Lorsque ce dialogue a lieu, il est dĂ©jĂ trop tard pour la communautĂ© scientifique : lâĂtre Humain Artificiel, créé par le docteur Fanny Fraudenstein dans le secret de son laboratoire en lâan 2026 sort dĂ©finitivement de lâĂ©tat de cobaye pour atteindre celui dâenfant. Un enfant, ça nâattend pas que les conflits soient rĂ©glĂ©s, les alliances passĂ©es, les budgets votĂ©s, pour dĂ©cider de sâaccrocher Ă la vie de toutes ses forces. Ăa sâempare de la plus petite parcelle de chaleur humaine, du moindre souffle de tendresse. Et, le moment venu, ça court trĂšs vite, trĂšs loin, trĂšs longtemps pour Ă©chapper Ă la Science.