La Terre est le sang des morts - Jean Guiart

By Jean Guiart

Release Date: 1982-12-31

Genre: Social Science

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Suivant la voie tracĂ©e par Maurice Leenhardt qui avait combattu le travail forcĂ© et les spoliations fonciĂšres, et appliquant le testament moral que lui avait laissĂ© ce dernier, Jean Guiart n’a cessĂ© d’ĂȘtre solidaire activement des mĂ©lanĂ©siens, accompagnant au fur et Ă  mesure leur prise de conscience nationale, ce qui en a fait la cible d’attaques et de menaces constantes de la part de ceux qui auraient voulu assurer la pĂ©rennitĂ© de la prospĂ©ritĂ© europĂ©enne locale sur le maintien de la servitude d’un peuple. Collant avec la rĂ©alitĂ©, l’auteur pratique depuis plus de trente-cinq ans une anthropologie politique d’un rare intĂ©rĂȘt, oĂč l’expĂ©rience personnelle, dans les risques assumĂ©s, assure la vĂ©rification constante des hypothĂšses sur le dynamisme mĂ©connu des sociĂ©tĂ©s dites traditionnelles, Ă©chappant ainsi aux explications mĂ©canistes de l’école fonctionnaliste. La rĂ©forme fonciĂšre en cours en Nouvelle CalĂ©donie, dont les modalitĂ©s sont en fait dĂ©terminĂ©es par les MĂ©lanĂ©siens et n’est ainsi pas un exercice d’école, la seule Ă  avoir Ă©tĂ© mise en route Ă  temps dans tout notre ancien empire colonial, permet d’indemniser aussitĂŽt le « colon Â» qui abandonne le sol confisquĂ© Ă  son profit et de rĂ©tablir les conditions d’un fonctionnement Ă©quilibrĂ© d’une sociĂ©tĂ© que l’on avait enfermĂ©e dans des RĂ©serves trop petites, aux terres sans valeur agricole pour la plupart, et que l’on avait livrĂ©e Ă  l’arbitraire de marchands d’alcool et de « ranchers Â» sans scrupule. La tolĂ©rance des MĂ©lanĂ©siens d’aujourd’hui vis-Ă -vis des blancs ne pouvait venir que de la rĂ©paration de l’injustice passĂ©e. MĂȘme au bout du monde habitĂ©, il s’agit lĂ  d’une fraction de l’histoire universelle oĂč il y a des leçons Ă  prendre. Pour une fois l’ethnologie a pu se voir attribuer une fonction effective d’analyse et de proposition, parce qu’elle s’était donnĂ©e pour vocation de traduire ce que les MĂ©lanĂ©siens voulaient qu’elle exprimĂąt.

La Terre est le sang des morts - Jean Guiart

By Jean Guiart

Release Date: 1982-12-31

Genre: Social Science

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Suivant la voie tracĂ©e par Maurice Leenhardt qui avait combattu le travail forcĂ© et les spoliations fonciĂšres, et appliquant le testament moral que lui avait laissĂ© ce dernier, Jean Guiart n’a cessĂ© d’ĂȘtre solidaire activement des mĂ©lanĂ©siens, accompagnant au fur et Ă  mesure leur prise de conscience nationale, ce qui en a fait la cible d’attaques et de menaces constantes de la part de ceux qui auraient voulu assurer la pĂ©rennitĂ© de la prospĂ©ritĂ© europĂ©enne locale sur le maintien de la servitude d’un peuple. Collant avec la rĂ©alitĂ©, l’auteur pratique depuis plus de trente-cinq ans une anthropologie politique d’un rare intĂ©rĂȘt, oĂč l’expĂ©rience personnelle, dans les risques assumĂ©s, assure la vĂ©rification constante des hypothĂšses sur le dynamisme mĂ©connu des sociĂ©tĂ©s dites traditionnelles, Ă©chappant ainsi aux explications mĂ©canistes de l’école fonctionnaliste. La rĂ©forme fonciĂšre en cours en Nouvelle CalĂ©donie, dont les modalitĂ©s sont en fait dĂ©terminĂ©es par les MĂ©lanĂ©siens et n’est ainsi pas un exercice d’école, la seule Ă  avoir Ă©tĂ© mise en route Ă  temps dans tout notre ancien empire colonial, permet d’indemniser aussitĂŽt le « colon Â» qui abandonne le sol confisquĂ© Ă  son profit et de rĂ©tablir les conditions d’un fonctionnement Ă©quilibrĂ© d’une sociĂ©tĂ© que l’on avait enfermĂ©e dans des RĂ©serves trop petites, aux terres sans valeur agricole pour la plupart, et que l’on avait livrĂ©e Ă  l’arbitraire de marchands d’alcool et de « ranchers Â» sans scrupule. La tolĂ©rance des MĂ©lanĂ©siens d’aujourd’hui vis-Ă -vis des blancs ne pouvait venir que de la rĂ©paration de l’injustice passĂ©e. MĂȘme au bout du monde habitĂ©, il s’agit lĂ  d’une fraction de l’histoire universelle oĂč il y a des leçons Ă  prendre. Pour une fois l’ethnologie a pu se voir attribuer une fonction effective d’analyse et de proposition, parce qu’elle s’était donnĂ©e pour vocation de traduire ce que les MĂ©lanĂ©siens voulaient qu’elle exprimĂąt.

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