Bernard Rosenthal est normalien. Il appartient Ă la haute bourgeoisie juive des beaux quartiers de Paris. Il pense autour de la rue dâUlm et de la Sorbonne, un peu avec Spinoza, beaucoup pour Marx et LĂ©nine. Entre 1920 et 1930, ce nâest pas si frĂ©quent dans lâĂ©lite universitaire. Rosenthal veut Ă©chapper aux chiens de garde de la philosophie comme aux tranquilles conjurations de la famille. Pour faire avancer les choses, il entraĂźne ses camarades dans un acte rĂ©volutionnaire dĂ©cisif. Pour de jeunes intellectuels bourgeois, qui se veulent subtilement cyniques mais gardent en eux une forte dose de naĂŻvetĂ©, câest plus quâune aventure rĂ©ussie et moins quâune conspiration ratĂ©e. En mĂȘme temps, Rosenthal fait son Ă©ducation sentimentale. Tout cela se terminera par une mort, une arrestation, une trahison. Quelques annĂ©es auparavant, dans son premier livre, "Aden Arabie", Paul Nizan lançait un cri et un dĂ©fi qui Ă©taient ceux de Rosenthal et de ses camarades: «Jâavais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que câest le plus bel Ăąge de la vie.»
Bernard Rosenthal est normalien. Il appartient Ă la haute bourgeoisie juive des beaux quartiers de Paris. Il pense autour de la rue dâUlm et de la Sorbonne, un peu avec Spinoza, beaucoup pour Marx et LĂ©nine. Entre 1920 et 1930, ce nâest pas si frĂ©quent dans lâĂ©lite universitaire. Rosenthal veut Ă©chapper aux chiens de garde de la philosophie comme aux tranquilles conjurations de la famille. Pour faire avancer les choses, il entraĂźne ses camarades dans un acte rĂ©volutionnaire dĂ©cisif. Pour de jeunes intellectuels bourgeois, qui se veulent subtilement cyniques mais gardent en eux une forte dose de naĂŻvetĂ©, câest plus quâune aventure rĂ©ussie et moins quâune conspiration ratĂ©e. En mĂȘme temps, Rosenthal fait son Ă©ducation sentimentale. Tout cela se terminera par une mort, une arrestation, une trahison. Quelques annĂ©es auparavant, dans son premier livre, "Aden Arabie", Paul Nizan lançait un cri et un dĂ©fi qui Ă©taient ceux de Rosenthal et de ses camarades: «Jâavais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que câest le plus bel Ăąge de la vie.»