J'aime l'Afrique⊠Pendant plusieurs gĂ©nĂ©rations, en France, ce fut un credo banal : on aimait ce continent attachant, certes sauvage, mais peuplĂ© de gens aimables. C'en est fini de ces ritournelles. Une Ă©poque est rĂ©volue. DĂ©sormais, l'Afrique est prĂ©sentĂ©e comme un continent en perdition, naufragĂ© et inquiĂ©tant, rimant avec danger, chaos, famine, massacres et sida. L'Afrique serait une autre planĂšte, un endroit oĂč il ne faudrait plus se rendre, Ă moins d'ĂȘtre un humanitaire, avatar post-moderne du clerc, ou un militaire, ordonnateur de la nouvelle pacification. L'Afrique, ça se soigne, ça se sĂ©curise. Ăa ne se vit plus. Mais, entre l'amour d'hier et le dĂ©samour d'aujourd'hui, la contradiction n'est qu'apparente. Le continent noir reste investi par le rĂȘve blanc : la projection narcissique d'un ego supĂ©rieur et le dĂ©ni de la rĂ©alitĂ©, non parce qu'elle serait impĂ©nĂ©trable ou incomprĂ©hensible, mais parce qu'elle est africaine et, en tant que telle, irrecevable. Cette Afrique abandonnĂ©e, ce continent dĂ©laissĂ©, parti Ă la dĂ©rive, est en fait l'Afrique des Africains. Dieu n'est plus blanc. C'est tout. Enfin. On aura compris qu'Ă l'inverse, cet essai, riche d'exemples concrets, d'informations inĂ©dites et d'expĂ©riences vĂ©cues, cherche dĂ©libĂ©rĂ©ment les contours de l'Afrique des Africains, ce continent noir qu'il nous reste Ă explorer.
J'aime l'Afrique⊠Pendant plusieurs gĂ©nĂ©rations, en France, ce fut un credo banal : on aimait ce continent attachant, certes sauvage, mais peuplĂ© de gens aimables. C'en est fini de ces ritournelles. Une Ă©poque est rĂ©volue. DĂ©sormais, l'Afrique est prĂ©sentĂ©e comme un continent en perdition, naufragĂ© et inquiĂ©tant, rimant avec danger, chaos, famine, massacres et sida. L'Afrique serait une autre planĂšte, un endroit oĂč il ne faudrait plus se rendre, Ă moins d'ĂȘtre un humanitaire, avatar post-moderne du clerc, ou un militaire, ordonnateur de la nouvelle pacification. L'Afrique, ça se soigne, ça se sĂ©curise. Ăa ne se vit plus. Mais, entre l'amour d'hier et le dĂ©samour d'aujourd'hui, la contradiction n'est qu'apparente. Le continent noir reste investi par le rĂȘve blanc : la projection narcissique d'un ego supĂ©rieur et le dĂ©ni de la rĂ©alitĂ©, non parce qu'elle serait impĂ©nĂ©trable ou incomprĂ©hensible, mais parce qu'elle est africaine et, en tant que telle, irrecevable. Cette Afrique abandonnĂ©e, ce continent dĂ©laissĂ©, parti Ă la dĂ©rive, est en fait l'Afrique des Africains. Dieu n'est plus blanc. C'est tout. Enfin. On aura compris qu'Ă l'inverse, cet essai, riche d'exemples concrets, d'informations inĂ©dites et d'expĂ©riences vĂ©cues, cherche dĂ©libĂ©rĂ©ment les contours de l'Afrique des Africains, ce continent noir qu'il nous reste Ă explorer.