Du fait de ses fonctions de rĂ©dacteur en chef du journal âLe Soirâ dit « volĂ© » entre 1940 et 1943, Raymond de Becker (1912-1969) est inscrit dans la mĂ©moire collective comme un des chefs de file de la collaboration intellectuelle belge. Ce moment de son itinĂ©raire ne rend toutefois pas compte de l'ensemble du parcours intellectuel, religieux et politique de l'auteur du âLivre des Vivants et des Mortsâ (1942). PolĂ©miste redoutable, de Becker s'imposa rapidement comme un des intellectuels les plus en vue de sa gĂ©nĂ©ration, Ă tout le moins dans les milieux catholiques, europĂ©istes et « non conformistes ». L'ami d'Henry Bauchau et d'HergĂ©, mais aussi de Jacques Maritain et d'Emmanuel Mounier, entendait, Ă l'instar de toute une gĂ©nĂ©ration traumatisĂ©e par la Grande Guerre et par ses consĂ©quences, rĂ©nover les cadres d'une sociĂ©tĂ© jugĂ©e sclĂ©rosĂ©e par la dĂ©mocratie parlementaire, le libĂ©ralisme et le capitalisme. AprĂšs avoir hĂ©sitĂ© entre contemplation et action, il prit distance avec le catholicisme et s'engagea dans des voies plus politiques. Son intĂ©rĂȘt croissant pour les sujets liĂ©s Ă l'unitĂ© et Ă la paix du continent europĂ©en alla de pair avec une fascination pour les nouveaux rĂ©gimes totalitaires, Ă commencer par celui de l'Allemagne. IncarcĂ©rĂ© Ă la LibĂ©ration jusqu'en fĂ©vrier 1951, de Becker fut contraint de s'exiler, choisit Lausanne puis Paris. Aux cĂŽtĂ©s de Raymond Abellio ou de l'Ă©quipe de âPlanĂšteâ de Louis Pauwels, il poursuivit une activitĂ© d'essayiste et de journaliste autour de thĂšmes comme le cinĂ©ma, l'homosexualitĂ©, la psychanalyse, le paranormal ou les philosophies orientales.
Du fait de ses fonctions de rĂ©dacteur en chef du journal âLe Soirâ dit « volĂ© » entre 1940 et 1943, Raymond de Becker (1912-1969) est inscrit dans la mĂ©moire collective comme un des chefs de file de la collaboration intellectuelle belge. Ce moment de son itinĂ©raire ne rend toutefois pas compte de l'ensemble du parcours intellectuel, religieux et politique de l'auteur du âLivre des Vivants et des Mortsâ (1942). PolĂ©miste redoutable, de Becker s'imposa rapidement comme un des intellectuels les plus en vue de sa gĂ©nĂ©ration, Ă tout le moins dans les milieux catholiques, europĂ©istes et « non conformistes ». L'ami d'Henry Bauchau et d'HergĂ©, mais aussi de Jacques Maritain et d'Emmanuel Mounier, entendait, Ă l'instar de toute une gĂ©nĂ©ration traumatisĂ©e par la Grande Guerre et par ses consĂ©quences, rĂ©nover les cadres d'une sociĂ©tĂ© jugĂ©e sclĂ©rosĂ©e par la dĂ©mocratie parlementaire, le libĂ©ralisme et le capitalisme. AprĂšs avoir hĂ©sitĂ© entre contemplation et action, il prit distance avec le catholicisme et s'engagea dans des voies plus politiques. Son intĂ©rĂȘt croissant pour les sujets liĂ©s Ă l'unitĂ© et Ă la paix du continent europĂ©en alla de pair avec une fascination pour les nouveaux rĂ©gimes totalitaires, Ă commencer par celui de l'Allemagne. IncarcĂ©rĂ© Ă la LibĂ©ration jusqu'en fĂ©vrier 1951, de Becker fut contraint de s'exiler, choisit Lausanne puis Paris. Aux cĂŽtĂ©s de Raymond Abellio ou de l'Ă©quipe de âPlanĂšteâ de Louis Pauwels, il poursuivit une activitĂ© d'essayiste et de journaliste autour de thĂšmes comme le cinĂ©ma, l'homosexualitĂ©, la psychanalyse, le paranormal ou les philosophies orientales.